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1 (1813) Pièces sous le gouvernement consulaire / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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G4?

Le 7, en revenant du Fort Dupuy, un soldat me menace deson attagant. Comme il avait l’air ivre, et que les habitans de laville témoignaient hautement leur indignation contre lui, je nem’arrêtais point à ses menaces, et je continuai ma ronte. Unmoment après passe devant moi ù cheval Mustapha Oukil, un despremiers de la ville. En passant, il reproche à mes Sais «temarcher devant un Chrétien, et surtout devant un Français , ettes menace de la bastonade après mon départ. Je crus ne de-voir pas garder le silence sur une pareille insulte, et rentrât chezmoi. J’envoyai le Citoyen Jaubert auprès du Pacha, pour meplaindre et demander une prompte réparation.

Je lui déclarai que j’entendai que cet homme se rendit chezmoi publiquement pour me demander pardon, se mettre à madisposition, et implorer ma pitié. Il se trouva que Mustaphaétait très-protégé du Pacha, et l’on chercha à arranger la choseautrement, mais j’insistai en déclarant formellement au Pachaque, si cette réparation n’avait pas lieu de la maniéré dont jel’avais demandée, je partirai sur-le-champ, et que j’écrirai im-médiatement à Paris et à Constantinople ponr me plaindre.

Cette déclaration produisit tout l’effet que j’en attendais, etMustapha effrayé se rendit le lendemain chez moi conduit parMonsieur Rosetti, me demanda publiquement pardon et se mità nia disposition. Je lui dis que mon premier mouvement avaitété de lui faire trancher la tête, et que je n’avais accordé sa viequ’aux solicitations du Pacha et de Monsieur Rosetti ; mais ques’il lui arrivait dorénavant d’insulter des Français ou des gens deleur suite, sa perte serait inévitable.

Cette affaire qui se divulgua à l’instant dans la ville produisitle meilleur effet.

Le même jour, on chercha à exciter les Albanais contre moi.Deux lettres venant de Rosette et écrites par des protégés Anglais ,assuraient que l’on avait signalé, sur les côtes de 1 a Natolie, uneflotte Française de 300 voiles ; que nous marchions sur Cou-stantinople, et que mon séjour en Egypte n’avait d’autre but quede les tromper et de les endormir sur leurs dangers. Je fis venirchez moi le négociant qui avait reçu la lettre ; je le sommai de•me la remettre, ce qu’il fit aussitôt. Je l'envoyai à l’instant auPacha lui-même, en lui faisant dire que ces bruits absurdes étaientrépandus pour occasionner des désordres, et pour chercher àaltérer la bonne harmonie qui existait entre la France et laSublime Porte ; que j’en garantissait la fausseté sur nia tête.

Le Pacha avait connu le piege, et n’en avait point été la dupe.Il me communiqua même une lettre du Général Stuart, qu’ilvenait de recevoir et à laquelle était joint un ordre du jour .dupremier consul, lors de son commandement de l’armée d'orient.Cet ordre du jour du mois de Fructidor, an J, rappelait auxEgyptiens que Constantinople était tributaire de l’Arabie , et que1 e teins était venu de rendre au Caire sa suprématie, et de détruireen Orient l’empire des Osmanlis. Le Général Stuart priait lePacha du Caire de se bien pénétrer de l’esprit de cet ordre, et de