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1 (1813) Pièces sous le gouvernement consulaire / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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de s’entretenir avec moi. Quelques heures après les citoyens Jan-bert et Lagrange furent de retour. Diezar les avait reçu assezfroidement. 11 leur avait dit que je pouvais me rendre auprès delui, mais il n’avait voulu répondre que verbalement. Tout lemonde m’avait conseillé de ne point le voir sans une assuranceécrite par lui même : niais malgré ces avis timides et le refus obs-tiné qu’il fit de me répondre par lettre; je me décidais à merendre à l’instant même à Acre.

Je descendis chez le commissaire de la République des SeptIles. Un moment après, le Drogoman du Paclm, informé de monarrivée, vint me prendre pour me conduire chez Diezar qui mereput dans un appartement où il était seul, et où il n’y avait pourtous meubles qu’un tapis. Il avait à côté de lui un pistolet àquatre coups, une carabine à vent, un sabre et une bâche. Aprèss’être informé des nouvelles de nia santé, il me demanda si j’étaisbien persuadé que lorsque l'heure de notre fin était sonnée dansle ciel, rien ne pouvait changer notre destinée. Ma réponse futque je croyais comme lui au fatalisme. Il continua à parler Iong-lems dans ce sens, et je vis qu’il affectait une extrême simplicité,qu’il voulait passer pour un homme d’esprit, et qui plus est, pourhomme juste. Il me répéta plusieurs fois : “ On dit queDjezzavest barbare; il n’est que juste et sévère. Priez le premier consulajouta-t-il, de 11e pas 111’envoyer, pour commissaire des relationscommerciales, un borgne ou un boiteux, parce que l’ou ne manque-rait pas de dire que c’est Djtzzar qui l’a mis dans cet état.” Un mo-ment après, il nie dit encore : “ Je désire que le commissaire quevous m’enverrez, s’établisse à Seide, outre que ce port est le pluscommerçant de mes Etats; cet agent ne serait pas nécessaire ici;j’y serai moi-même le commissaire Français, et vos compatriotesy recevront l’accueil le plus amiciil. J’estime beaucoup les Fran-çais. Bonaparte est petit de corps, mais c’est le plus grand deshommes; aussi je sais qu’on le regrette beaucoup au Caire , et quel’on l’y voudrait avoir encore.”

Je lui avait dit quelques mots sur la paix entre la France et laSublime Porte , et il me répondit : “ Savez-vous pourquoi je vousreçois et que j’ai du plaisir à vous voir ? C’est parce que vous ve-nez sans Firman : Je ne fais aucun cas des ordres du Divan, et j atle plus profond mépris pour son Vizir Borgne. On dit Diezarun Bosnien, un homme de rien, un homme cruel, mais en atten-dant je n’ai besoin de personne et l’ou me recherche. Je suis nepauvre ; mon père ne m’a légué que son courage : Je me suis élevéà force de travaux, mais cela ne me donne point d’orgueil, cartout finit, et aujourd’hui peut-être ou demain Djezzar lui-mêmefinira, non qu’il soit vieux, comme le disent ses ennemis (et damce moment il se mit à faire le maniement des armes il la ma-niéré des Mamelouks, ce qu’il exécuta avec beaucoup d agihte);

mais parce que Dieu l’aura ainsi ordonné. Le Roi de France qmétait puissant a péri; Nabtichodonosor, le plus grand des Rois deson tems, fut tué par un moucheron, &c.” Il me débita dauties