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Une école militaire recevra de jeunes défenseurs de la patrieSoldais ; ils apprendront à supporter la vie des camps et les fati-gues de la guerre. Par une longue obéissance ils se formeront àfart de commander, et apporteront aux armées la force et la dis-cipline unies aux connaissances et aux talens.
Dans les lycées, comme dans l’école militaire, la jeunesse desdépartemens nouvellement incorporée à la république, vivra con-fondu avec la jeunesse de l’ancienne France . De la fusion desesprits et deS mœurs, de là commuhicatibn des habitudes et dèscaractères, du mélange des intérêts, des ambitions et des espé-rances, naîtra cette fraternité qui, de plusieurs peuples, ne feraiju’un seul peuple, destiné par sa position, par son courage, parses vertus, à être le bien et l’exemple de l’Europe .
L’institut national, qui a sa puissance sur l’instruction publique,a reçu une direction plus utile, et désormais il déploiera, sur lecaractère de la nation, sur la langue, sur les sciences, sur les let-tres et les arts, une influence plus active.
Pour assurer la stabilité de nos institutions naissantes, pour éloi-gner des regards des citoyens ce spectre de la discorde qui leurApparaissait encore dans le retour périodiques des élections à lasuprême magistrature, les amis de la patrie appelaient le consulatà vie sur la tête du premier magistrat. Le peuple consulté a ré-pondu à leur appel, et le sénat a proclamé la volonté du peuple.
Ce système des listes d’éligibilité n’a pu résister au creuset del’expérience et à la force de l’opinion publique.
L’organisation du sénat était incomplète.
La justice nationale était disséminée dans des tribunaux sansharmonie, sans dépendance mutuelle; point d’autorité qui les pro-tégeait ou qui put les réformer ; point de lien qui les assujettit àune indiscipline commune.
Il manquait enfin à la France un pouvoir que réclamait la jus-tice même, celui de faire grâce. Combien de fois depuis 12 ansil avait été invoqué ! Combien de malheureux avaient succombévictimes d’une inflexibilité que les sages reprochaient à nos lois!Combien de coupables qu’une funeste indulgence avait acquittés,parce que les peines étaient trop severes !
Un sénatus-conSulte a rendu au peuple l’exercice des droitsque l’assemblée constituante avait reconnus ; mais il les lui a ren-dus environnés de précautions qui le défendent de l’erreur ou delapréeipitation dé ses choix ; qui assurent l’influence delà pro-priété et l’ascendant des lumières.
Que les premiers magistratures viennent à vaguer, les devoirset la marche du sénat sont tracés ; des formes certaines garantis-sent la sagesse et la liberté de son choix, et la soudaineté de cechoix ne laisse ni à l’ambition le moyen de conspirer, ni à l’anar-cme le moyen de détruire. Le ciment du tems consoliderachaque jour cette institution tutélaire. Elle sera le terme deeûtes les inquiétudes et le but de toutes les espérances, comme