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1 (1813) Pièces sous le gouvernement consulaire / extraits du Moniteur, par Lewis Goldsmith
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pas sans culture des fruits toujours aussi beaux ; son <>ernie«iinné, mais il se développe par les soins du législateur. Je neprétends pas analyser l’essence de la passion la plus pure, creuserphilosophiquement le cœur humain, pour vous démontrer ce quevous sentez ; mais que la noblesse de vos sentimens me permetteune réflexion.

Faire le bien pour l'estime de soi-même, est la suprême vertu •chercher l’estime des autres, serait faiblesse, si la vertu même n’ytrouvait son soutien. Que la patrie dise au soldat : “ Verse tonsang pour moi; personne, pas même ton ennemi, ne sera témoinde ton dévoue aient; tu périras inconnu, mais tu auras fait ton de-voir.” Obéir à cet ordre serait l’efiét d’une résignation sublime;niais qu’elle dise plutôt : “ Affronte la mort, tes camarades tevoient, ton général compte sur toi; tu vivras dans les fastes mili-taires.” L’acte n’en sera pas moins utile à la patrie, en mêmetems qu’il satisfera la victime.

Ainsi, lorsque Desaix, atteint d’un coup mortel, n’exprimequ’une crainte, celle de n'avoir pas assez fait pour la postérité, ildévoile le secret des grandes âmes. Voudrait-il beaucoup d’anspour mourir enfin tout entier, ou abrégera-t-il des jours suivisd’une longue mémoire? L’honneur parle, et son choix est celuique fit le héros d’Homere .

Elle n’est donc pas vaine cette publicité qui précompte un prixtardif, et fait retentir dans l’âme les applaudisscmens que l’oreillen’entendra pas. Elle est donc sage la précaution du législateur,qui emprunte de l’opinion la valeur rénmnératoire du mérite.

Sans doute, citoyens légionnaires, aucun de vous, en se préci-pitant au milieu des dangers, n’a fait un froid calcul ; il a cédé auplus noble instinct sans composer avec l'avenir ; mais si votre gé-néral appréciateur des services, D’avait paris soin de vos propresintérêts; s’il n’avait prétendu que l’enthousiasme du moment seperpétuât autant pour votre récompense que pour l'encouragementdes autres, votre action remarquée sur le champ de bataille, se se-rait confondue dans la gloire publique.

Cependant un chef vainqueur a généreusement détaché de sonfront un rayon de gloire pour en décorer son compagnon d’ar-mes ; il a pensé que, de retour dans vos foyers, chacun de vous,montré au doigt, s’entendrait dire : “ Voilà un de vos illustres dé-fenseurs de la liberté, un des soutiens de l’empire!” Il a espereque dans votre vieillesse, assis au milieu de vos enfans, vous leurreconteriez comment ils pourraient en mériter un semblable. Ila prévu qu’un témoignage d’estime, perpétuant votre mémoire, de-viendrait pour vos descendais une obligation, et jamais une dis-pense de vous imiter.

Tel est l’esprit d’une institution qui n’a rien de commun avecces ordres imaginés pour satisfaire la vanité, et donner de la con-sidération à l’insuffisance; alors on voyait un simbole de 1 hon-neur être celui d’une exclusion politique ; puisque la décorationaccordée à l’industrie, et le plus souvent celle décernée à la bra-