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C’est peu de déclarer au monde, ce qu’est aujourd’hui la Franeset à quel point de grandeur et d’élévation est parvenu son gou-vernement. Il faut asseoir ce gouvernement sur des bases solidesîl faut le rendre indépendant des chances funestes que pourraientattendre et calculer les factions, les ambitieux, les partisans d’unrégime à jamais détruit, les ennemis enfin, intérieurs ef étrangers.
Un sang illustré par d’immortels exploits est le premier titre àla vraie noblesse. Les gouveruemens héréditaires, qui ont dégé-néré après une longue suite de siècles, s’anéantissent devant unedynastie couverte de gloire, dont le chef ouvre à tous les siensune noble carrière. Cette dynastie, dans le sein de laquelle unchoix libre et honorable a fixé l’hérédité de la puissance suprême,devient une garantie contre les dissentions et les troubles, qui ac-compagnent trop souvent les élections orageuses des chefs desgouvernemens populaires.
La révolution, Citoyen Premier Consul, consacrés, dans sonorigine, par le vœu unanime des Français eut pour objet, et doitavoir pour résultat, la distinction des abus invétérés qui pesaientsur la France , l’expulsion d’une famille qui s’est de plus en plusmontrée indigne du Trône, et qui, même dans ses malheurs, n’apu s’attirer ni le respect ni la pitié ; et enfin l’établissement de lavraie liberté civile et politique, de l’égalité sociale, fondée sur desinstitutions. L’accomplissement de ce grand vœu national doitcouronner les immenses et glorieux travaux de Bonaparte . Leseul moyen pour y parvenir est de donner à la constitution del’Etat uue forme qui réunisse les avantages de la-monarchie, del’aristocratie et de la démocratie ; l’unité et l’hérédité de la pre-mière, la sagesse et la maturité de la seconde, le droit de parvenirà tous les emplois d’après ses talens et ses vertus, qui appartientà la troisième.
La liberté, l’égalité, ces bienfaits réclamés par tous les espritséclairés, par tous les cœurs généreux, ne sont point le partage ex-clusif d’aucune forme de gouvernement ; mais, surtout dans ungrand Etat, elles sont incompatibles avec la démocratie ; le tumulte,le désordre et l’injustice président à ses délibérations.
Les Crétois, les Spartiates ont connu la vraie liberté sous desRois héréditaires, tous les grands Etats, au contraire, où l’autoritésuprême a été rendue élective, ont péri par les factions ; laPologne en fournit un récent exemple. Les peuples conquéranset dont la puissance .s’étend au loin, ont besoin d’un chef uniqueet d’uu gouvernement concentré dans une seule famille, autourduquel soient périodiquement réunis les principaux de la nation,qui lui font contraire ses besoins et ses vœux, qui l’investis-sent de sa confiance et de sa force, et qui impriment unemarche régulière, uniforme et constante à la législation ; alors lesbrigues disparaissent, les ambilions audacieuses et turbulentessont réprimées et enchaînées, les lois peuvent régner seules, tracerla route qui est ouverte aux talens et aux vertus, et fixer les en-couragemens et les récompenses qui les attendent, le chef del’Etat peut donner tous ses soins à la félicité publique, base de sa