IV
STATISTIQUE PHYSIQUE.
nom. Les eaux de ce ruisseau, détournées pour alimenter l’étang situé à l’ouest de Vin-cennes , se jetaient anciennement dans la Seine , près du Petit-Bercy.
Subface du sol. Le sol de Paris est généralement de deux pièces : sol originel et soléventif. Le sol originel est un gypse marneux ; le sol éventif est composé d’une couchede limon d’atterrissement déposé par les débordements de la Seine .
Le sol de Paris s’est beaucoup exhaussé, d’abord par l’effet naturel des alluvions de laSeine ; par les travaux que le besoin de se préserver des inondations fit entreprendre,notamment par la construction des ponts sur la Seine . Les débordements du fleuve ren-daient nécessaire l’élévation des arches et de la route des ponts, par suite l’exhaussementdu sol des rues aboutissant à ces ponts, et de proche en proche celui des rues adjacentes.C’est surtout pour favoriser l’écoulement des eaux, et faire disparaître les cloaques dontParis était autrefois infecté, qu’on a dû aussi, en divers endroits, élever le sol. Voici plu-sieurs témoignages de cet exhaussement.
Lorsqu’en 1770 on construisit un caveau sous l’église Saint-Benoît, on découvrit l’an-cien pavé d’une rue qui communiquait de la rue Saint-Jacques au cloître de cette église.Cet ancien pavé était à dix pieds au-dessous du sol actuel. — C’est surtout dans l’île dela Cité que cet exhaussement a laissé des traces. Ainsi, par exemple, pour arriver dansl’église métropolitaine de Notre-Dame , on avait encore, au xvi* siècle, treize degrés àmonter. — En 1507, le parlement ordonna que la rue qui du Petit-Pont conduit au Pont- Notre-Dame , serait élevée de dix pieds. Toutes les rues aboutissantes durent éprouver lemême exhaussement. La partie septentrionale de Paris fournit de semblables exemples.
Collin rs qui environnent Pabis. Le bassin de la Seine , dont Paris occupe une vastepartie, est dominé par des collines plus ou moins élevées. Au nord , une chaîne de petitesmontagnes, s’étendant depuis les hauteurs de Bercy jusqu’à celles de Chaillot, présenteà peu près un plan demi-circulaire. Cette chaîne se compose des coteaux de Bercy , deCharonne , de Ménilmontant , de Beltevilte , de la lilette et de la montagne deMontmartre . De cette montagne, le terrain va en baissant jusqu’au plateau de Mouceauj,et de là se relève jusqu’à celui de Chaillot qui termine l’enceinte montagneuse de lapartie septentrionale du bassin de la Seine . Les plateaux de plusieurs de ces colliness’élèvent au-dessus du fond de ce bassin de 18 à 20 mètres -, ils sont surmontés d'environ60 à 75 mètres par les éminences ou buttes de Ménilmontant et de Montmartre .
Au midi, le bassin de la Seine est dominé par des éminences moins hautes. En partantde la rive gauche de la Seine , à l'est et au sud-est de Paris , le sol s’exhausse par unepente douce jusqu’au point de la barrière d’Italie , près de laquelle sont le plateau deLivri et la butte des Cailles. Plus loin, le bassin formé par le cours de la Bièvre inter-rompt le niveau de ce plateau et sillonne profondément le sol. De la rive gauche de laBièvre, le terrain s’exhausse sensiblement jusqu’à la hauteur du plateau dç Sainte-Gene-viève. Ce plateau, qui s’élève de 34 mètres au-dessus des basses eaux de la Seine , estdominé par le plateau de Mont-Souris, où se voit l’obélisque établi en 1806, servant deligne de mire à l’Observatoire. A l’ouest de ce plateau de Mont-Souris, le terrain vas’abaissant insensiblement jusqu’au Petit-Montrouge, puis s’exhausse jusque vers lesbarrières du Mont-Parnasse et du Maine .
Tel est le cadre de la partie du bassin de la Seine où cette ville est située. Il estprobable que ce bassin avait très-anciennement contenu les eaux d’un grand lacalimenté par la Seine et la Bièvre Ce lac, qui devait commencer près de Corbeil et seprolonger jusqu’aux environs de Mantes , était vaste, tortueux et inégal dans sa lar-geur. Au-dessus de Paris , ses eaux devaient couvrir les plaines de Vitry et de Maisons,et, au-dessous de cette ville, les plaines de Grenelle et d’Issy , etc. L’époque de l’écou-