SOUS LA DOMINATION ROMAINE. 11
des parties de cet aqueduc, que M. de Caylus a décrit avec détail. Mais ce qu’iln a pu décrire, c’est le résultat des fouilles faites en 1781 au jardin du Palais-Royal.
Vers l’extrémité méridionale de ce jardin, à trois pieds au-dessous du sol,on a découvert un bassin ou réservoir de construction romaine, dont la formeétait un carré de vingt pieds de côté, et en môme temps des médailles d’Àuré-lien, de Dioclétien , de Posthume, de Magnence , de Crispe et de Valentinien I er .
E époque de ce dernier empereur doit être celle du bassin, c’est-à-dire de la lindu quatrième siècle, au plus tard de l’an 375 de notre ère. Une coïncidenceremarquable tend à prouver que l’aqueduc de Chaillot aboutissait au bassin dé-couvert dans le jardin du Palais-Royal : la ligne de cet aqueduc, reconnue parM. de Caylus depuis Chaillot jusqu’à la place Louis XV, étant prolongée dans lameme direction, rencontre précisément ce bassin. Ainsi il est très-vraisemblableque 1 aqueduc a été fait pour le bassin, et que la construction de l’un et de l’autreest du môme temps. Cet aqueduc avait évidemment pour objet d’alimenter leseaux de ce bassin, espèce de lavacrum destiné à des bains. Les fouilles du jardindu Palais-Royal ont produit la découverte d’un autre bassin antique, situédans la partie septentrionale de ce jardin; il s’étendait depuis le café de Foyjusqu’au passage Radzivill.
CIMETIÈHE, TOMBEAUX ET AUTRES ANTIQUITÉS DE L A RUE VIVIENNE. Non loindes bassins dont je viens de parler, on rencontra sous terre, en 1751, dans unemaison de la rue Vivienne, huit fragments de marbre ornés de bas-reliefs. M. deCaylus, qui en a publié les gravures et la description, ne doute pas que ces frag-ments n aient appartenu à des tombeaux. Dans la même fouille fut trouvée uneurne cinéraire en marbre, dont la face principale est ornée d’un feston de fleurset de fruits qui se rattache à des tètes de béliers placées à la partie supérieurees angles de cette urne. Au-dessous de ce feston est une inscription portant quePuhusa a fait exécuter ce monument pour sa fille Amodia Amanda, morte à l’àgee îx-sept ans. Un couvercle de marbre, richement orné de sculpture, appar-enantà une autre urne cinéraire plus grande que la précédente, atteste l’exis-tnce d un troisième monument sépulcral dans le même lieu. Un quatrièmemonument de la même espèce fut découvert en 1806, aussi rue Vivienne ; on yc erra une urne cinéraire pareille à celles qui viennent d’être décrites. A cha-c Rie angle, des tètes de bélier soutiennent de larges festons de fleurs et de fruitsflui décorent les quatre faces. Quatre aigles éployées occupent la partie infé-leure de ces angles. Sur une des faces, au-dessus du feston, est une inscriptionson° n ^ aU ^ ( ' UC ^ lresijlls -> affranchi, a fait à ses dépens ériger ce monument àbas P ?°" ^ onius J an 'i us Epigonus. Au-dessous de cette inscription on voit, enbas T 1 UU * )6U Ulie biche fuyant un aigle qui lui déchire le dos. Ce
e ie est peut-être l’allégorie d’une persécution exercée par le gouverne-aucD ^ 6S em P ereurs C01 ifre la famille connue à’Epigonus. Sur les autres faces,essous du feston, est une patère et une aiguière ou prœfericulum.que^' C Co ' uc '^ ence ( l e monuments sépulcraux dans le même lieu a fait penser<l ‘‘fàl l hypogée de quelque famille puissante. On peut aussi conjecturere non loin de ce lieu était l’habitation d’un homme riche, peut-être d’un