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en fit don à Henri, son chambellan. « Nous donnons à perpétuité, porte l’acte» de donation, le palais des Thermes, palatium de Terminis, que possédait» Simon de Poissy, avec le pressoir situé dans le même palais. » Dans la Vie desaint Louis, écrite par le confesseur de la reine Marguerite, on lit que ce roi,a voulant fonder le collège de Sorbonne, acheta des maisons situées devant le» palais des Thermes. » Dans le rôle d’une contribution levée en 1313 sur leshabitants de Paris , à l’occasion de la chevalerie du fils de Philippe-le-Bel , onlit : « L’encloître Saint-Benoît d’une part, et d’autre le palais des Thermes. »
Il est inutile de citer un plus grand nombre de témoignages pour prouver quecet édifice a constamment reçu la qualification de palais , ou une autre équiva-lente. Il était d’une grande étendue. Les bâtiments et les cours ( atria ), qui endépendaient s’élevaient, du côté du sud, jusqu’aux environs de la Sorbonne. LaVie de saint Louis atteste que ces bâtiments en étaient voisins; et Jean de Hau-teville, qui écrivait avant que Philippe-Auguste , pour édifier le mur de l'en-ceinte de Paris , eût fait disparaître plusieurs parties de cet édifice, nous en parlecomme si la principale construction de ce palais fût située sur la partie la plusélevée de la montagne. Au delà et du môme côté devait être aussi la place d’ar-mes , ou le campus désigné par Ammien Marcellin . Sur cette place, le césarJulien fut proclamé auguste, et harangua les troupes. Julien, dans son manifesteau sénat et au peuple d’Athènes , parle aussi de cette place publique en disantqu’un officier de son épouse, instruit des trames perfides des agents de Con-stance, lesquels avaient répandu de l’argent parmi les troupes pour les fairesoulever, vint dans la place publique et cria : Braves guerriers , étrangers ou ci-toyens, gardez-vous de trahir voire empereur ! A cette place, que devaient occuperles emplacements de l’ancien couvent des Jacobins, de la place Saint-Michel, etc.,aboutissait la voie romaine qui, venant d’Orléans , passait au village d’Issy .
Toute cette partie méridionale dépendait du palais des Thermes, puisqu’ona la certitude que les rois de France , qui ont succédé aux empereurs romainsdans la propriété de ce palais, possédaient de même ces emplacements méri-dionaux, lesquels étaient aussi sous leur censive. Au nord, en partant du point oùgît aujourd'hui la salle des Thermes, les bâtiments de ce palais se prolongeaientjusqu’à la rive gauche du petit bras de la Seine . On assure que, dans les cavesdes maisons situées entre cette rivière et cette salle, il existe des piliers etdes voûtes de la même maçonnerie ; on ajoute qu’avant la démolition du Petit-Châtelet, forteresse située au bas de la rue Saint-Jacqnes et à l’extrémité méri-dionale du Petit-Pont, on voyait des arrachements de murs antiques qui sedirigeaient vers le palais des Thermes ; et l’on en tire cette conséquence, que lesbâtiments de ce palais s’étendaient jusqu’à la rive de la Seine. La salle quisubsiste encore, unique reste d’un palais aussi vaste, offre dans son plan deuxparallélogrammes contigus qui forment ensemble une seule pièce. Les voûtesà arêtes et à pleins cintres qui couvrent cette salle s’élèvent jusqu’à 42 piedsau-dessus du sol. Elles sont solidement construites, puisqu’elles ont résisté àl’action de quinze siècles, et que pendant longtemps, sans éprouver de dégrada-tions sensibles, elles ont supporté une épaisse couche de terre cultivée en jar-din et plantée d’arbres. L’architecture simple et majestueuse de cette salle ne