26
(lut en avoir les institutions; elle dut.avoir un corps de juges et d’administra-teurs municipaux, corps appelé, au quatrième siècle, ordo municipalis , curia ,composé de decuriones et de curiales ; elle dut contenir un édifice propre auxséances du corps municipal et au dépôt de ses actes, que les monuments histo-riques nomment gesta municipalia. Cet édifice était évidemment celui qu’on adepuis désigné sous le nom de palais de la Cité. Il est certain que l’ordre muni-cipal et les bâtiments consacrés à cette institution étaient ordinairement, dansles villes anciennes, placés dans le quartier spécialement nommé Cîïé. Ainsi Paris ,à la fin de la domination romaine, possédait deux édifices qui pouvaient porterle titre de palais , celui de la Cité , et celui où les césars et les augustes passaientleurs quartiers d’hiver lorsqu’ils se trouvaient dans la Gaule, c’est-à-dire celuides Thermes. Les habitants de Paris ne jouirent pas longtemps des bienfaits deJulien. En 406, une foule de peuples barbares fondirent sur la Gaule et la rava-gèrent pendant dix années consécutives : cette ville ne dut pas échapper à cettecalamité. Vers l’an 494, elle devint la proie des Francs.
Voilà ce qu’il m’a été possible de recueillir sur l’état de Paris pendant la périoderomaine. Tout ce qu’on a imaginé pour donner un plus grand lustre à cette villedoit être mis au rang des fictions. Quant aux mœurs des Parisiens à ces époquesreculées, elles nous sont à peu près inconnues. Nous ne pouvons guère leurappliquer que ce que Julien, en comparant les mœurs des habitants d’Antioche à celles des Gaulois , dit de ces derniers: « S’ils rendent un culte à Vénus,écrit-il, ils considèrent cette déesse comme présidant au mariage; s’ils adorentBacchus et usent largement de ses dons, ce dieu est pour eux le père de la joie,qui, avec Vénus, contribue à procurer une nombreuse progéniture. On ne voitchez eux ni l’insolence, ni l’obscénité, ni les danses lascives de vos théâtres. »
Dans la disette de notions historiques sur Paris , il ne faut rien omettre de cequi peut faire connaître l’état moral de cette ville ; c’est pourquoi nous ajoute-rons que Julien, qui cultivait les lettres, y avait amené un savant médecin,nommé Oribase , auteur de plusieurs ouvrages, et notamment d’un abrégé de ceuxde Galien . La réputation littéraire de Julien et celle de son médecin attirèrent àParis plusieurs savants qui, pendant les quatre ou cinq hivers que ce princeséjourna dans cette ville, y formaient une espèce d’académie. C’est Oribase lui-même qui nous transmet cette particularité (1).
PARIS SOUS LA PREMIÈRE RACE DES ROIS FRANCS.
ÉTABLISSEMENT DES FRANCS A PARIS , NATURE DF. LEUR GOUVERNEMENT.
Pendant cette période, la scène historique éprouve de grands changements:la domination romaine, établie depuis plus de cinq cents ans, s’évanouit; des
(1) Onbasii medicinalium collectarum prœfiicio, lil>. I, pag. 205.