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circulaire. On disait que cette pierre était un instument de son supplice, etqu’on avait forcé le saint à passer la tête dans ce trou, et à la porter sur sesépaules. Cette pierre était évidemment une table d’autel à l’usage du paganisme,et son existence en ce lieu nous autorise à conjecturer que l’église de la Chartrefut bâtie sur un endroit consacré à une divinité des anciens Romains.
L’église Saint-Denis de la Chartre fut démolie en 1810. Sur son emplace-ment et sur celui de ses dépendances est aujourd’hui l’ouverture du quai de laCité.
saint-symphorien ou cuapelle de saint-luc , situé dans la Cité, à côté etau sud de Saint-Denis de la Chartre, rue du Haut-Moulin, n° 11. Jaillot pense quecette église doit son origine à une chapelle de Sainte-Catherine, qui existaitsous la première race. Cette chapelle abandonnée tombait en ruine, ses biensétaient envahis par des seigneurs laïques, lorsqu’un d’eux, Matthieu de Montmo-rencij, comte de Beaumont, la céda en 1206 à l’évêque de Paris , qui, en 1207,fit construire l’église, et plaça quatre chapelains pour la desservir. Elle portait,en 1214, la dénomination de Saint-Symphorien de la Chartre, à cause de la pri-son voisine. En 1618, l’évêque de Paris adjoignit à cette église la petite paroissede Saint-Leu et Saint-Gilles, dont le service se faisait à un autel de l’église Saint-Denis de la Chartre. En 1698, M. de Noailles, archevêque de Paris , supprimacette paroisse ainsique les chapelains devenus chanoines, et unit les biens et lesparoissiens à l’église de la Madeleine de la Cité. Enfin, en 1704, le bâtiment futcédé à la compagnie des peintres, sculpteurs et graveurs, qui le rétablirent, ledécorèrent, et placèrent sur l’autel un tableau représentant saint Luc, leur pa-tron. Depuis ce changement jusqu’à la révolution, ce bâtiment a porté le nom deChapelle de Saint-Luc.
saint-martial, abbaye située dans la Cité et dans l’emplacement contenuentre les rues de la Barillerie, de la Calandre, aux Fèves et de la Vieille-Drape-rie. Cette circonscription a porté longtemps le nom de Ceinture de Saint-Eloi.Dans cet emplacement, où depuis fut établi le couvent des Barnabites , était unevaste maison avec un oratoire dédié à saint Martial. Cette maison et ses dépen-dances furent données à Eligius ou Eloi , orfèvre, argentier du roi Dagobert, Il yfit construire un monastère où il plaça environ trois cents filles, présidées parune abbesse appelée Aurée , connue depuis sous le nom de sainte Aure. Cet établis-sement s’effectua vers les années 632 ou 633, et porta le nom de l’ancien oratoireSaint-Martial. Sous la seconde race, époque où presque tous les établissementsreligieux de Paris changèrent de dénomination, il reçut celui de Saint-Eloi,son fondateur. Un incendie qui, en 1034, ravagea la Cité de Paris , réduisit encendres les bâtiments de cette abbaye ; ils furent rétablis peu de temps après.
Un autre événement vint changer totalement l’état de ce monastère. Les fillesqui l’habitaient se relâchèrent de la règle que saint Éloi leur avait imposée ; leursmœurs extrêmement débordées, et les désordres introduits dans l’administra-tion des biens de cette maison, obligèrent, en 1107, Galon, évêque de Paris ,d’en chasser toutes les religieuses, de les répartir dans divers couvents, et deles remplacer par des moines de Saint-Maur-des-Fossés . Je reviendrai dans lasuite sur cet établissement.