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armé contre sa mère et contre son frère, fut forcé de fuir cette ville, etd’implorer les secours étrangers pour subjuguer sa propre famille, et pours’affermir sur son trône ensanglanté. Cette guerre fut pour les Parisiens uneabondante source de maux. Les campagnes, réduites en déserts, n’offraient à lavue que des forteresses menaçantes d’ou sortaient des seigneurs pour incen-dier et piller ce qui pouvait encore tenter leur avidité. Sous un tel règne, lecommerce de Paris et l’agriculture furent presque anéantis. Des famines, suitenaturelle d'un pareil régime, telles qu’on n’en vit jamais de plus horribles, vinrentencore accabler la population désolée, et accroître les malheurs causés par lesguerres.
On conçoit que les établissements publics ne furent pas nombreux à Paris pendant ce règne ; les monuments historiques ne fournissent en effet que lessuivants :
sainte-marine, d’abord chapelle, puis église paroissiale, située dans la Cité,et dans le cul-de-sac Sainte-Marine. Il en est fait mention, pour la première fois,en l’an 1036. C’était la paroisse la plus exiguë de Paris . Son arrondissement nese composait que de douze ou treize maisons. Les personnes, condamnées à semarier par le tribunal de l’officialité, recevaient la bénédiction nuptiale dans cetteéglise, dont le bâtiment, encore existant, sert aujourd’hui d’atelier à une raffine-rie de sucre.
saint-martin-oes-ciiamps. Cette abbaye, située rue Saint-Martin, fut, à cequ’il paraît, entièrement détruite par les Normands : on ignore l’époque de celtedestruction. Henri I er , dans un de ses diplômes de l’an 1060, dit que ce monas-tère fut dévasté avec une rage tyrannique et sans exemple. « Je l’ai fait recon-» struire, continue-t-il, et j’ai donné à son église plus d’étendue que n’en avait la» première. Longtemps stérile, elle pleurait la perte de sa famille, et demandait» que l’époux céleste vînt lui rendre sa fécondité. »
Le surnom des Champs qu’a porté cette basilique indique sa situation dans unlieu inhabité; et les expressions porro ante Parisiacœ urbis portam, qu’on trouvedans le même diplôme, attestent son éloignement de la ville. La construction decette église ne se termina qu’en 1067, époque de sa dédicace. Elle fut d’aborddesservie par des chanoines réguliers, mais ces chanoines furent bientôt corrom-pus. Ils vivaient déshonnestement et faisaient mauvaisement le service, disent lesgrandes chroniques de France : dans l’exemplaire de la Bibliothèque royale, onlit : Ils vivaient en luxure et fourtrayoient (enlevaient) les femmes de leurs voi-sins. A ces chanoines libertins on substitua, en 1079, des moines de Cluny ; dèslors ce monastère, qui portait le titre d ’abbatje, reçut celui de prieuré. Cette mai-son fut entourée d’une enceinte de murailles garnies de tourelles, et présentaitl’image d’une forteresse. Leprieur et les moines étaient seigneurs hauts-justi-ciers dans leur enclos.
L’église Saint-Martin, son monastère et les maisons qu’habitaient les sujetsdes moines, formaient un village séparé de Paris , comme l’indique son surnomdes Champs. L’église et le réfectoire furent reconstruits au treizième siècle. Lecloître, commencé en 1702, fut achevé en 1720. En 1712, on bâtit les maisonssituées sur la rue Saint-Martin, on détruisit la prison et l'auditoire ; on perça