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appelé Montmorency, près de la fontaine de Saint-Valeri, à trois milles de Saint- Denis ; qu’il ferait hommage à l’abbé pour le fief qu’il possédait dans l’ile; queses chevaliers, habitant son château de Montmorency, seraient tenus de se ren-dre deux fois par an, le jour de Pâques et le jour de Saint-Denis, dans l’abbavede ce nom, et d’y rester en otages jusqu’à ce que les objets volés par leditBurchard , les dommages faits par lui aux biens de l’abbaye, fussent restituésou réparés. Cet accord est de l’an 1008. On voit, par sa teneur et par lesprécautions qui y sont prises, que Burchard était un voisin fort dangereuxpour l’abbaye Saint-Denis. Les monastères, pour se préserver des attaquesdes seigneurs, employèrent un grand nombre de moyens : entre autres, ilspayaient un ou plusieurs chevaliers chargés de les protéger contre les brigands.Ces chevaliers portaient le titre à'avoués, de défenseurs, etc; mais la plupart,brigands eux-mèmes, rendirent cette fonction héréditaire dans leur famille,usurpèrent l’autorité, opprimèrent les moines, et pillèrent les monastères qu’ilsétaient chargés de défendre.
Le comte Drogon jouissait, en qualité d’avoué de l’abbaye Saint-Germain- des-Près , des revenus de plusieurs villages des environs de Paris , appartenantà cette abbaye. Ce comte, comme plusieurs autres défenseurs, possédait cettefonction par droit héréditaire. Ses pères avaient usurpé l’autorité suprême surles habitants de ces lieux, les accablaient de contributions injustes, d’exactions,de mauvaises coutumes, dont le poids, quoique insupportable, fut encore ag-gravé par le comte Drogon. Le roi Robert, en 1031, lit défense au comte decontinuer la perception de ces iniques servitudes ; mais ce roi ne se faisait ja-mais obéir. ,
En 1043, le roi Henri rendit une sentence à peu près semblable contre unchevalier appelé Nivard, défenseur des biens de l’abbaye Saiut-Maur-des-Fos-sés, chevalier qualifié dans cette sentence de très-inique voleur (iniquissimusprœdo), qui, pendant les fréquents séjours qu’il faisait dans un village appar-tenant à cette abbaye, en sa qualité de défenseur, écrasait les pauvres culti-vateurs de ce village par des vexations nombreuses et insupportables.
Louis VI , dit le Gros, du vivant même de son père Philippe, combattit laplupart des brigands qui désolaient ses États : tel était Èbles de Rouci,fiIsde Guischard, qui, poussé par un esprit de démence ou de cupidité, et par saméchanceté, dit l’abbé Suger , ne cessait de dévaster et piller les campagnes.Le jeune prince parvint à réduire ce tyran : mais le remède fut aussi funesteque le mal ; ses troupes volèrent ceux qui volaient ; si furent robés cil qui sou-loient rober les autres , portent les Grandes Chroniques de France.
Burchard IV, seigneur de Montmorency, à l’exemple de son aïeul Burchard I erdont j’ai parlé, exerçait, en 1101, des brigandages contre.l’abbaye de Saint- Denis . L’abbé Adam défendait les propriétés de son monastère les armes à lamain, et avec le courage de ce temps ; c’est-à-dire que les deux ennemis, àl’envi l’un de l’autre, brûlaient les villages, les récoltes, massacraient, empri-sonnaient, torturaient dans leurs cachots les malheureux cultivateurs, qui,étrangers à ces querelles, en étaient toujours les victimes. L’un brûla la terrede l’autre, disent les Grandes Chroniques de France. Le prince Louis ordonna