lit
Breton dit que ce pavé était composé de pierres carrées. Quelques écrivains pré-tendent que Gérard de Poissv, attaché aux finances du roi, contribua aux fraisde ce pavé pour la somme de onze mille marcs d’argent, ce qui semble douteux.On sait que Philippe-Auguste s’adressa, pour rétablissement de ce pavé, auprévôt et aux bourgeois de Paris , qui, à ce qu’il paraît, payèrent tous les fraisde cette entreprise. Cette amélioration, quoique très-imparfaite, a le mérited’un premier exemple; étendue et perfectionnée dans la suite, elle fut un bienfaitpour Paris . Mais ce bienfait s’opéra avec lenteur; car, sous Louis XIII , la moitiédes rues de cette ville n’étaient point encore pavées. Il est certain que sousPhilippe-Auguste on ne pava que les rues qui formaient ce qu’on nommait laCroisée de Paris , deux rues qui se croisaient au centre de cette ville, dont l’unese dirigeait du midi au nord, et l’autre de l’est à l’ouest.
Ce pavé était composé de grosses dalles ou carreaux de grès, dont les dimen-sions en longueur et en largeur avaient environ trois pieds et demi, sur à peu prèssix pouces d’épaisseur, quadrulis lapidibus , suivant Cuillaume-le-Breton. L’abbéLebeuf dit avoir vu plusieurs carreaux de ce pavé au bas de la rue Saint-Jacques,à sept ou huit pieds sous terre. C'est sans doute du nom de ce pavé qu’est dé-rivé celui de la rue des Petits-Carreaux, ainsi que les expressions proverbiales,laisser sur le carreau , pour dire renverser l’ennemi que l’on combat; être sur tecarreau, pour être sans place, sans domicile, expression qu’on a rendue depuisparcelle-ci, être sur lepavé. Ce savant ajoute qu’on apercevait, entre le pavé dePhilippe-Auguste et le pavé actuel, un pavé intermédiaire; ce qui prouve qu’encet endroit le sol a été successivement élevé.
aqueducs et PKEMiÈRES fontaines, lieux aqueducs, du temps des Romains,conduisaient l’eau dans les quartiers voisins de la Cité. L’un partait de Chail-lot et. se dirigeait sur l’emplacement qu’occupe aujourd’hui le jardin du Palais- Royal : l’autre, plus connu, faisait parvenir au palais des Thermes une partiedes eaux du Rungis . On présume que ces aqueducs, dont j’ai déjà parlé, furentdétruits par les Normands. Voici la notice des aqueducs modernes.
e’aqukduc saint-gervais fournit des eaux qui proviennent des hauteursde Romainville et deMénilmontant, et se rendent à un réservoir commun situédans le village du Pré-Saint-Gervais , d’où elles sont conduites, par des tuyauxde plomb, à la fontaine Saint-Lazare et à d’autres fontaines de Paris . En plaçantla construction de cet aqueduc sous le règne de Philippe-Auguste , je me suisfondé sur des notions certaines, sur des présomptions très-vraisemblablesqu’elles font naître et sur l’ouvrage de M. Girard, ingénieur en chef de Paris .Cet aqueduc existait au treizième siècle, et ses eaux alimentaient la fontaineSaint-Lazare bien avant l’an L265. On peut donc en reporter la constructionau règne de Philippe-Auguste , qui vivait encore en 122:5. Nous avons dit quece roi acheta, en 1183, des administrateurs de la léproserie de Saint-Lazare ,une foire qu’il transféra aux halles de Paris . Le paiement de cette acquisitiondut procurer de l’aisance à cet établissement, qui, en 1181, se trouvait dans unétat de prospérité, car l’église était desservie par un clergé assez nombreux. Cefut sans doute dans ces circonstances que les administrateurs de cet hôpital