142 HISTOIRE DE P A lîl s
s’occupèrent de la construction d’un aqueduc, pour y conduire des eaux, sinécessaires à un pareil établissement.
Les eaux de cet aqueduc alimentèrent d’abord la fontaine Saint-Lazare , en-suite celle des Filles-Dieu, rue du faubourg Saint-Denis, puis celle des Innocentsaux coins des rues Saint-Denis et au Fèvre, et enfin celle de la Halle.
aqueduc de BELLEViLLE. Le même règne vit encore s’établir cet autre aqueducqui, recueillant les eaux venues des hauteurs de Belleville , les conduisit jusqu’àl’abbaye Saint-Martin-des-Champs où elles alimentèrent la fontaine de ce mo-nastère, fontaine qui existait déjà en 1244. L’époque de la construction del’aqueduc a dû être plus ancienne encore, et remonter au règne de Philippe- Auguste . Cet aqueduc en maçonnerie a d’abord fourni des eaux au monastèreSaint-Martin-des-Champs , puis à la fontaine Maubuée, etc.
Ces deux aqueducs et fontaines publiques furent, depuis le temps de ladomination romaine, les premiers ouvrages entrepris pour conduire des eauxdans la partie septentrionale de Paris .
petit-pont de paris . Après avoir été souvent entraîné par la Seine , il fut,vers l’an 1185, reconstruit en pierres par la libéralité de l'évêque Maurice de Sully . Un débordement de la Seine , arrivé en 1196, le renversa encore. Rétabliquelque temps après, il ne put, en 1205, résister à un autre débordementdont parle Guillaume-le-Breton . «En décembre, dit-il, il y eut une si grande>> inondation que, depuis un siècle, on n’en avait vu de pareille. Le Petit-Pont» de Paris s’écroula, l’eau s’élevait jusqu’au second étage-des maisons; pour« communiquer de l’une à l’autre, on se servait de bateaux. »
i.e louvue. Philippe-Auguste fit bâtir, hors de Paris , une tour ou forteresse,nommée en latin Lupara, et en français Louvre. Plusieurs lettres et ordonnan-ces, datées de cette forteresse par les rois qui y résidaient, portent ces mots :Apud Luparam, propeParisios : Au Louvre, près de Paris . On a établi plusieursconjectures sur l’origine de ce nom : je n’en augmenterai pas le nombre. L’é-poque précise de la construction de la tour du Louvre est inconnue ; mais onsait qu’en 1204 cette construction était terminée depuis peu de temps, puisqu’encette année ce roi déclara qu’il devait trente sous aux prieur et religieux deSaint-Denis-de-la-Chartre, à cause de la tour du Louvre qu’il avait bâtie sur leurterre. On voit en effet que, dès la seconde race, le bord de la Seine , du côte oùest situé le Louvre, était nommé le rivage de Saint-Denis . Cette nouvelle tour setrouvait, en outre, située, dans la seigneurie de l’évêque et du chapitre de Notre- Dame de Paris . II fallut les dédommager: Philippe-Auguste chargea le prévôtde Paris de faire payer le dédommagement par les Parisiens . On voit (pie ceroi faisait ses acquisitions avec l’argent des autres. Ce prince voulut faire éleverun mur d’enceinte autour de sa nouvelle forteresse, et pour cela il lui con-venait d’avoir un fonds de terre situé près de l’église Sainl-Thomas-du-Louvre,et appartenant à l’évèque de Paris . Sauvai rapporte l’acte d’échange, datéde janvier 1209, par lequel on voit que Philippe-Auguste , pour le fonds de l'é-vêque, qui ne rapportait que onze deniers, lui cède un autre fonds dont le pro-duit était de quinze deniers.
Le Louvre avait alors, comme la plupart des châteaux de ce temps, une triple