SOUS LOUIS VIII DIT LL LION.
IM
destination : il servait, de séjour aux rois, de forteresse et de prison. C’est ainsi((ue Ferdinand, comte de Flandre , que le vulgaire nommait Ferrand, fut enfermédans le Louvre, et y languit jusqu’à ce qu’il eût consenti à céder tous ses Étatsau roi Philippe. Plusieurs princes eurent dans la suite un sort pareil, et la pri-son du Louvre devint l'effroi des hauts barons. Cette tour fut aussi destinée àcontenir le trésor des rois. Louis VIII , dans son testament de l’an 1225, parledecettetour du Louvre, située, dit-il, près de Saint-Thomas, laquelle contenaitson or, son argent, etc. — Je parlerai, à leur époque, des divers changementsqu’éprouva cette forteresse.
Philippe-Auguste , après avoir opéré plusieurs changements utiles dans Paris ,après avoir agrandi celte ville, en l’entourant d’une vaste enceinte que je dé-crirai, mourut le 14 juillet 1223.
PARIS SOUS LOUIS VIII , DIX LE LION.
Ce prince succéda immédiatement à son père Philippe-Auguste . Il était douéd’un grand courage et d’une faible santé. II serait parvenu à chasser les Anglais du continent, s’il n’eût pas cédé aux instigations des prêtres et entrepris lamalheureuse guerre de religion qui se faisait alors contre les Albigeois. Philippe- Auguste l’avait prévu : « Les gens d’église, disait-il, engageront mon fils à faire» la guerre aux hérétiques albigeois ; il ruinera sa santé à cette expédition, il y>> mourra, et le royaume restera livré à une femme et à un enfant. » Aprèsquelques déplorables succès, revenant à Paris , il tomba malade à Montpensier,en Auvergne . Les médecins, attribuant sa maladie à sa longue continence,introduisirent, dit un historien, une jeune fille dans son lit. Le malade repoussale remède; il expira le 8 novembre 1226. Aucun changement, aucune institu-tion n’eurent lieu à Paris pendant la courte durée de ce règne. Nous apprenonsde Guillaume Guiart , dans son livre intitulé la Branche aux royaux lignages,que les reines Isemburge, Blanche et Marguerite, pendant que Louis VIII étaità la guerre, firent exécuter à Paris , pour le succès de ses armes, une belle pro-cession où les figurants étaient nu-pieds et en chemise, et plusieurs entièrementnus : ces nudités n’empêchèrent pas, du reste, les trois reines d’y assister.
TABLEAU PHYSIQUE ET TROISIÈME ENCEINTE I)E PARIS .
Pendant cette période, il s’opéra dans Paris de notables changements, quidonnèrent à cette ville quelque apparence de grandeur. Si l’on excepte lesruines du palais des Thermes, quelques églises pour la plupart construites enbois, quelques monastères entourés d’une enceinte et construits à la manièredes vieilles forteresses, et le sombre palais de la Cité, où résidait le roi, le restede la ville se composait de chaumières dont l’ensemble pourrait se comparer àun de nos plus misérables villages.
Sous Philippe-Auguste , nous voyons s’élever le vaste édifice de Notre-Dame .Trois hôpitaux, ceux de la Trinité, de Sainte-Catherine et de Saint-PHcolas-du-Louvre, furent institués, ainsi que deux collèges nationaux, sous le nom de