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SOUS LOUIS IX DIT SAINT LOUIS,autel, la ligure de ce roi représenté à genoux; mais ou sait que la reconnais-sance des moines est peu durable : le 5 juillet 1589, ceux-ci eurent l’ingratitudede renverser celte figure et de lui couper la télé.
La maison des Cordeliers servait de collège aux jeunes religieux de l’ordre,qui venaient y étudier la théologie. C’est dans la salle de cette école qu’au com-mencement de la révolution, le fameux district des Cordeliers, et ensuite lasection du Théâtre-Français, ont successivement tenu leurs séances auxquellesune partie de ces religieux assistaient régulièrement. C’est dans une autre sallede ce môme couvent que se tenait antérieurement le chapitre de l’ordre de Saint-Michel .
L’ordre des Cordeliers ayant été supprimé en 1790, l’église fut dans la suitedémolie, et son emplacement a formé la place depuis longtemps désirée, qu’onvoit devant la façade de l’École de Médecine. 11 ne reste plus que peu de chosedes bâtiments du monastère. On a utilisé les jardins en y élevant plusieurs pa-villons de dissection. Le réfectoire, qui présente la forme d’une église, est dansson entier; on le voit dans la cour située en face de la rue llautefeuille ; il ren-ferme une curieuse collection de pièces anatomiques appelée musée Dupuylren.Sur une partie de l’emplacement de ce cloître, on a établi divers bâtiments : unhôpital, entre autres, où se fait un cours de clinique chirurgicale. Ces bâti-ments ont été réparés et agrandis en 1834. C’étail également dans les bâtimentssitués dans la cour qui fait face à la rue llautefeuille, que se trouvait, il y a plu-sieurs années, la manufacture royale de mosaïque.
filles-dieu, monastère de lilles, situé, dans son origine, sur l’emplacementqu’occupent aujourd’hui le cul-de-sac des Filles-Dieu et la rue Basse-I'orte-Saint-Denis, et depuis, rue Saint-Denis, sur l’emplacement où sont bâtis la rueet les passages du Caire.
Guillaume 111, évêque de Paris , étant parvenu à convertir plusieurs lilles pu-bliques, les réunit dans une maison ou hôpital alors situé hors de Paris , et surun terrain dépendant de Saint-Lazare . Cet hôpital fut bâti vers 1226, et reçutle nom singulier de Filles-Dieu. Le but de celte fondation était de relirer despécheresses qui pendant toute leur vie avaient abusé de leur corps, et à la fin étaienten mendicité. Joinville dit que saint Louis lit bâtir la maison des Filles-Dieu,« et fit mettre grande multitude de femmes en l'hoslel qui, par povreté, estoienl« mises en péchié de luxures, et leur donna quatre cents livres de rente pour■> elles suslenir. -> Le nombre de ces pécheresses se monta à plus de deux cents.A la ferveur, qui se manifeste toujours au commencement de toute institutionreligieuse, succéda le relâchement; elles s’acquittèrent avec négligence et dé-goût du service de l’hôpital confié à leurs soins. La maison des Filles-Dieu futravagée par la peste en 1280, et détruite parles Anglais sous le règne de Char les V . — Ces religieuses cherchèrent alors un asile dans l’intérieur de Paris .— Dans la rue Saint-Denis il existait un hôpital ou Maison-Dieu , fondé vers l’an1216, sous le titre de Sainte-Madeleine, destiné à recevoir, pour une nuit, lesfemmes mendiantes qui passaient à Paris . Le lendemain matin on les renvoyaiten leur donnant un pain et un denier. Les Filles-Dieu s’accommodèrent de cetétablissement, et y firent bâtir des édifices convenables. Mais, peu de temps