SOLS LOUIS IX DIT SAINT LOUIS. IW
on arrivait par deux petits escaliers. Elle contenait toutes les reliques que saintLouis acheta de Baudouin. On voyait, dans cette même chapelle, à gauche enentrant, un bas-relief représentant une Dame de Pitié, du célèbre Germain Pi lon , ouvrage endommagé par la négligence de ceux qui réparèrent cet édifice.
La chapelle inférieure renfermait le tombeau où fut enterré le poète Nicolas Boileau Despréaux , et où gisaient déjà son père et d’autres membres de safamille. — La Sainte-Chapelle a servi, jusque dans ces derniers temps, de dépôtà une partie des archives de la Cour des Comptes. Maintenant cet édifice estl’objet d’une restauration intelligente dirigée par M. Duban. Bientôt la Sainte- Chapelle nous apparaîtra aussi complète, aussi éclatante de peintures, que lors-qu’elle sortit des mains des architectes du treizième siècle.
Le premier dignitaire de la Sainte-Chapelle 11 e porta d’abord que le titre mo-deste de maître chapelain, ensuite celui de maître rjouverneur, puis de trésorier,et enfin d 'archichapclain. Clément VII accorda, en 1379, à ce dignitaire, leprivilège d’ofïicier avec la mitre, l’anneau et autres ornements pontificaux, etmême de donner la bénédiction au peuple pendant les processions qui se fai-saient dans l’enclos du Palais. Cette éminente prérogative enfla prodigieuse-ment l’orgueil de l’archichapelain : il prit le titre de prélat ; et, dans les regis-tres du parlement, on le trouve qualifié de pape de la Sainte-Chapelle . C’est unde ces dignitaires dont Boileau , dans son Lutrin , a peint avec tant de talent lavie voluptueuse, l’orgueil et l’ignorance. Les réglements obligeaient trois clercset un chapelain de passer la nuit dans la Sainte-Chapelle pour veiller à la gardedes reliques et du trésor. La vigilance de ces sentinelles fut sans doute en dé-faut, puisque, dans la nuit du 19 au 20 mai 1575, le plus grand morceau de lavraie croix fut volé. Ce vol jeta l’alarme dans Paris ; on fit plusieurs recherchespour découvrir l’objet volé et le voleur. La commune opinion de ce temps, sui-vant l’Estoile, était que le roi Henri III avait lui-même enlevé cette relique, etl’avait mise en gage chez les Vénitiens pour une somme considérable.
Pendant la nuit du vendredi au samedi Saint, il se célébrait, dans cette Sainte- Chapelle , une cérémonie dont je dois faire connaître les détails. Tous les possé-dés du diable y venaient régulièrement chaque année à cette époque pour êtreaffranchis de l’obsession de cet esprit immonde; ils y faisaient mille contor-sions, poussaient des cris et d’affreux hurlements. Bientôt le grand-chantredu chapitre apparaissait, armé du bois de la vraie croix. A cette apparition,tout rentrait dans l’ordre, et aux mouvements convulsifs, aux accents de larage, succédait un calme parfait. Cette cérémonie se pratiquait encore sous lerègne de Louis XV : elle eut lieu en l’année 1770.
collège de sorbonne. Bobert Sorbon, chapelain du roi saint Louis, connais-sant les difficultés qu’éprouvaient les écoliers sans fortune pour parvenir augrade de docteur, établit, en 1253, une maison qu’il destina à un certain nom-bre d’ecclésiastiques séculiers qui, vivant en commun et tranquilles sur leurexistence, seraient entièrement occupés d’études et d’enseignement. SaintLouis, bientôt après, voulut participer à cette fondation utile; il acheta et luidonna, en 1256, une maison située rue Coupe-Gueule , devant le palais des Ther-mes, et, en 1258, deux autres maisons, l’une située rue des Deux-Portes et I’au-