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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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HISTOIRE UE PARIS

tre rue des Maçons : il les lit rebâtir convenablement. Ee prix des locations futdestiné à lentretien de cent pauvres écoliers. Le roi donna de plus à ces pauvresécoliers ou pauvres clercs , aux uns deux sous, aux autres un sou, ou même dix-huit deniers par semaine, pour les aider à vivre. Ce collège prit dabord la déno-mination très-modeste de pauvre maison , et les maîtres qui enseignaient, cellede pauvres maîtres. Les maîtres du collège de Sorbonne, enrichis, fortifiés parle temps, oublièrent enfin leur humble origine, troublèrent souvent par leursdécrets lordre social, furent presque toujours les plus forts soutiens du fana-tisme, et quelquefois devinrent la terreur des rois. Cette association de doc-teurs formait un tribunal redoutable qui jugeait sans appel tous les ouvrageset les opinions théologiques, condamnait le pape et les rois, et disposait de leurtrône et même de leur existence.

Cétait dans le collège de Sorbonne que résidait la faculté de théologie. Unproviseur élu chaque année présidait cette faculté. Les écoles se divisaient enintérieures et extérieures. Les premières se tenaient dans les bâtiments conti-gus à léglise, et les secondes dans un corps de logis qui se voit encore sur laplace de ce collège. « Pour être en droit de porter le titre de docteur de Sor-» bonne, dit M. labbé Duvernet, il fallait avoir fait ses études dans ce collège, y» avoir, pendant dix ans, argumenté, disputé et soutenu divers actes publics ou» thèses, quon distingue en mineure, en majeure, en sabatine, en tentative, en» petite et grande sorbonique. Cest dans cette dernière que le prétendant au» doctorat doit, sans boire, sans quitter la place, soutenir et repousser les« attaques de vingt assaillants ou ergoteurs, qui, se relayant de demi-heure> en demi-heure, le harcèlent depuis six heures du matin jusquà sept heures» du soir. »

Les bâtiments et la chapelle de la Sorbonne étaient peu remarquables et tom-baient de vétusté, lorsque le cardinal de Richelieu, devenu tout-puissant enFrance , se rappelant avec intérêt ces écoles il avait fait son cours de théo-logie, et désirant laisser à la postérité un monument de sa munificence, fit re-construire ces bâtiments sur un plan plus vaste et plus magnifique. En 1629 futcommencée la construction du collège, et en 1635 celle de léglise, qui ne futachevée quen 1659. Une rue assez large mais peu longue, nommée rue de Ri-chelieu, communique de la rue de la Harpe à une place carrée qui précède lafaçade de léglise de la Sorbonne. Cette façade, œuvre de le Mercier, est com-posée de deux ordres, l'un sur lautre, dont le supérieur est couronné par unfronton. Au-dessus de cette façade sélève, du centre de lédifice, un dômeaccompagné de quatre campanilles, et surmonté par une lanterne. Sur le côtéseptentrional de cette église est une autre façade qui donne sur la grandecour du collège. Elle est aussi chargée de deux ordonnances. Lintérieurétait entièrement pavé en marbre. La peinture de la coupole du dôme, ou-vrage de Philippe de Champagne , est encore assez bien conservée. Au mi-lieu de la nef on admire le tombeau en marbre du cardinal de Richelieu. Celtebelle et simple composition est un chef-d'œuvre de Girardon. Les bâtimentsde la Sorbonne sont occupés maintenant par lacadémie de Paris , les trois fa-cultés de Théologie, des Sciences et Lettres .