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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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HISTOIRE 1)E PARIS

» prisonniers à la Conciergerie. » Au bout de vingt-sept jours, ces moines, protégés par le cardinal Mazarin, furent mis en liberté.

couvent des béguines, depuis nommé lave-maria, situé rue des Rarrés. Ilfut fondé, vers lan 1264, par saint Louis. Thomas de Champré parle de leursmœurs et de leur piété avec des éloges que méritent presque toujours les insti-tutions naissantes. Dautres auteurs qui ont écrit un peu plus tard, sur la fin dutreizième siècle, feraient croire que la première ferveur de ces béguines étaitdéjà éteinte. Rutebœuf nous les représente comme des femmes inconstantes, quirenoncent facilement à leur communauté pour prendre un époux. 11 suffit, dit-il, davoir le visage baissé et de porter de très-larges robes pour être béguine.Sous Louis IX , ces béguines nétaient pas en meilleure réputation.

Dans lorigine, elles étaient, dit-on, au nombre de quatre cents; en 1471,elles étaient réduites à trois. On ne connaît point la cause de cette étrange dé-population. Louis XI saisit la circonstance de la presque-viduité de cette mai-son pour y établir un nouvel ordre de religieuses, appelé de la Tierce ordre pé-nitence et observance de Monsieur saint François, et ordonna que cette nouvellecommunauté serait nommée YAve-Maria; dénomination bizarre, conforme augénie du fondateur, qui, zélateur de la Vierge Marie , institua le premier la prièredite Y Angélus ou le salut.

Léglise du couvent de YAve-Maria navait de remarquable que quelquestombeaux, tels que celui qui renfermait le cœur de dom Antoine, roi de Portu­ gal , mort à Paris en 1595; celui de Charlotte-Catherine de la Trémouille, femmede Henri de Bourbon, prince de Condé, morte le 29 août 1629. Elle fut empri-sonnée pendant sept ans, parce quétant grosse dun page appelé Belcastel, etcraignant les reprochesde son époux, elle le fit emprisonner. Henri IV , qui avaiteu part aux faveurs de cette dame, fit, lorsquil fut roi, supprimer toute la pro-cédure, déclara et fit déclarer par la cour du parlement cette femme innocente,et son fils légitime. Dans une chapelle était le mausolée, aussi en marbre, avecla figure à genoux de Claude-Catherine de Clermont , fameuse, sous le règnede Charles IX , par son esprit et son érudition. En vertu dun privilège obtenu dupape, Matthieu Molé, garde des sceaux, et Renée Nicolaï, sa femme, furent en-terrés dans le chapitre de ces religieuses.

Ce couvent, supprimé en 1790, a été converti en caserne.

les carmes du grand-couvent. Ils furent situés dabord sur lemplacementdes Célestins, port Saint-Paul, et puis près de la place Maubert, entre la rue dela Montagne-Sainte-Geneviève et celle des Carmes, à lextrémité orientale de larue des Noyers.

Ces moines ont, plus que tous les autres, cherché à relever la gloire de leurordre par lantiquité de son origine. Leur historien fait descendre cet ordreen ligne directe du prophète Élie, qui fut, dit-il, premier supérieur des carmes.Cest en raison de cette descendance que ces moines portaient un manteau toutsemblable à celui que ce prophète jeta, du haut du ciel, à son disciple Élisée .Lauteur range dans Tordre des carmes tous les prophètes successeurs dÉlie,tous les chefs de secte, Pythagore , Numa Pompilius , Zoroastre , les druides dela Gaule et Jésus-Christ lui-même.