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HISTOIRE I)E I'AHIS
de pauvres malades, mais faute de lits pour les coucher. L’église Notre-Dame y pourvut, en 1008, par un statut qui porte que chaque chanoine, en mourantou en quittant sa prébende, sera tenu de donner un lit à cet hôpital; ce statuta beaucoup contribué à l’accroissement de ses lits.
Adam, clerc du roi, à la fin du douzième siècle, fit don à l’Hôtel-Dieu de deuxmaisons dans Paris , avec cette condition singulière, qu’au jour de son anni-versaire on fournirait, seulement aux pauvres malades, tous les mets ou co-mestibles qu’ils pourraient désirer.
Philippe-Auguste est le premier roi connu qui ait tait quelques libéralités àcet hôpital. Dans ses lettres du mois de mars 1208, il est dit : « Nous donnons» à la Maison de Dieu de Paris , située devant la grande église de la bienheu-» reuse Marie, pour les pauvres qui s’y trouvent, toute la paille de notre cham-» bre et de notre Maison de Paris , chaque fois que nous partirons de cette ville>> pour aller coucher ailleurs. » Cette paille, dont Philippe-Auguste gratifiel’hôpital, ne donne pas une grande idée de l’état où s’y trouvaient les pauvres.Saint Louis mérita, plus que Philippe, le titre de bienfaiteur de cet hôpital.Il le prit sous sa protection spéciale; il lui accorda en 1248 l’usage d’un prétendudroit que le roi, les princes, les officiers de la couronne et l’évêque de Paris exerçaient sur les marchés; ils prenaient les denrées qui leur plaisaient, et enfixaient eux-mêmes le prix. Tel était le droit inique et attentatoire à la pro-priété dont saint Louis gratifia l’Hôtel-Dieu. Ce même roi déclara cet hôpitalexempt de toutes contributions, le droit d’entrée et de péage par terre et pareau; il en augmenta les bâtiments, les étendit jusqu’au Petit-Pont. A diversesreprises, il lui assigna des rentes considérables pour le temps. Ce furent sansdoute les améliorations que cette maison éprouva sous ce règne, qui la firentrenoncer à sa dénomination de Saint-Christophe, pour prendre celle d 'Hôpitalde Notre-Derme ou de Maison-Dieu.
Les successeurs de saint Louis imitèrent quelquefois son exemple. Charles V ,en 1321, exempta cet hôpital du droit de prise, droit onéreux, vrai brigan-dage, dont j’ai eu occasion de parler et dont je parlerai encore, que les rois,les reines, les princes de la cour, etc., avaient coutume d’exercer sur tous leshabitants de Paris . Par cette exemption, la cour se réduisit à ne plus enlever àl’Hôtel-Dieu ses charrettes, ses chevaux, ses bêtes à cornes, ses pailles, sesgrains, etc., toutes choses qu’elle était en usage de prendre pour son service.
Il serait trop long de rapporter tous les bienfaits que cet hôpital reçut, àdiverses époques, de la part des rois, et surtout des particuliers.
L’Hôtel-Dieu est composé d’une réunion de bâtiments irrégulièrement dispo-sés, construits et ajoutés les uns aux autres en différents temps. Il ne présentepoint, comme plusieurs établissements de ce genre, un ensemble régulier, nides parties symétriques. Sur la place du Parvis Notre-Dame on a d’abord cher-ché à donner à cet amas de bâtiments quelque régularité. En 1804, on fit, surles dessins de M. Clavareau, une façade et une entrée plus caractéristiques etplus convenables. Un pavillon avancé, d’un style sévère, couronné d’une frisedorique et d’un vaste fronton, forme la seule façade régulière et l’entrée prin-