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HISTOIRE DE PARIS
Tuby, celles de la Religion et du Génie. Dans des cartouches de bronze doré,on voit, en bas-relief, Joseph distribuant du blé en Égypte , et Daniel donnantdes ordres aux satrapes de la Perse.
Saint-Eustache est l’église paroissiale du troisième arrondissement; elle adeux succursales : celle de Notre-Dame-des-Victoires et celle de Notre-Dame -deBonnes-Nouvelles.
saint-sauveur, église paroissiale, située rue Saint-Denis, au coin de celleSaint-Sauveur. Elle est signalée en même temps que Saint-Eustache commeéglise paroissiale. Elle n’était auparavant qu’une chapelle, appelée Chapelle dela Tour , parce qu’elle se trouvait contiguë à une tour qui fut démolie en Ï778.Le doyen de Saint Germain-l’Auxerrois exigea une part dans les offrandes etles produits des sacrements comme il l’avait exigée de l’église Saint-Eustache .Cette église, démolie en 1787, contenait les sépultures des anciens acteurs comi-ques, Turlupin, Gautier-Garguille, Guillot-Gorju et Raymond Poisson, inventeurdu rôle de Crispin.
saint-josse, église paroissiale, située à l’angle des rues Aubry-le-Boucher etQuincampoix. Elle ne contenait rien de remarquable. On l’a démolie en 1791,et une maison particulière est élevée sur son emplacement.
collèges. Plusieurs collèges furent fondés à Paris , mais leur histoire ne pré-sente aucun intérêt; nous nous bornerons donc à les indiquer. Nous trouvonsd’abord le collège des Prémontrés, au coin des rues Hautefeuille et de l’Écolede Médecine; celui de Cluny , place de la Sorbonne ; celui des Trésoriers , rueNeuve-de-Richelieu, n° 6, et enfin celui des Dix-Huit, près de Notre-Dame . Lesécoliers de ce dernier établissement, pour gagner quelque monnaie, se char-geaient de jeter de l’eau bénite sur les corps morts del’Hôtel-Dieu .
Tels furent à Paris les nombreux établissements qui signalèrent le règne deLouis IX , dit saint Louis , et auxquels ce roi prit la plus grande part. Quelques-uns portaient un caractère incontestable d’utilité publique; mais la plupartétaient essentiellement inutiles ou nuisibles. Les habitants de cette ville, déjàaccablés sous le joug des seigneurs ecclésiastiques, épuisés par les curés quiavaient perfectionné l’art de tirer un grand profit de leur ministère, en mettantà contribution presque toutes les circonstances de la vie, devaient-ils encoreêtre surchargés par cette multitude de moines mendiants qui vivaient à leursdépens, qui, par le scandale de leur conduite, contribuèrent à troubler l’ordre,et à maintenir la corruption des mœurs?
PARIS SOUS PHILIPPE III , DIT LE HARDI.
Philippe 111 succéda, en 1270, à son père, Louis IX . Simple et crédule, il selaissa gouverner par Pierre de la Brosse , barbier ou chirurgien de son père.Philippe avait eu de sa première femme, Isabelle d'Aragon , un fils appelé Louis,qui mourut en 1276. On répandit le bruit que le poison avait causé sa mort, etl’on accusa de ce crime Marie de Brabant , seconde épouse du roi, femme quiaimait et cultivait la poésie : on en accusa aussi Pierre de la Brosse , chambel-lan de Philippe-le-llardi, lequel, par la faveur dont il jouissait auprès du roi,