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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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SOUS PHILIPPE 111 DIT LE HARDI.

puis le droit qui revenait aux prud'hommes. Le cuisinier du roi obligeait lesprudhommes quil avait nommés à jurer sur les saints de choisir le poissondont le roi, la reine et ses enfants avaient besoin, et den fixer le prix en con-science; et, pour ce service, ils étaient exempts du guet.

En 1250, Thomas, abbé de Saint-Germaindes-Prés, accorda la liberté auxhabitants du bourg de Saint-Germain ; mais on a la certitude quil la fit payer.Il déclare, dans lacte daffranchissement, que ces habitants lui ont rendude grands services, quils lui ont de plus donné la somme de deux cents livresparisis, et que, pour ces causes, il exempte eux et leurs successeurs de touteservitude, telles que main-morte et fort-mariage. Mais il se réserve le droit dejustice et de seigneurie dans ledit bourg, ses rentes, ses usages et coutumes;le droit perçu au four banal (rue du Four-Saint-Germain), auquel les habitantssont tenus daller faire cuire leur pain ; le droit sur les bœufs et vaches etjuments quils faisaient paître dans une île de la Seine ; le droit perçu aux ven-danges, aux cuves, au pressoir. 11 se réserve en outre le cens sur leurshéritages, et les droits de lÉglise sur les mariages, sur les relevailles desfemmes accouchées, etc., etc.

TABLEAU MORAL DE PABIS.

La notice des institutions de cette période a déjà offert plusieurs traits qui ca-ractérisent les mœurs dune grande partie du treizième siècle. Je vais en réunirquelques autres.

Si des ecclésiastiques cachaient leur corruption sous des apparences de dé-votion et de régularité, ils ne se donnaient pas la peine de déguiser linflexi-bilité de leur caractère, leur cupidité et leur tenace attachement à leurs pri-vilèges, à ce quils nommaient leurs droits. On a vu le chapitre de Notre-Dame ,pour maintenir ces prétendus droits, insulter le roi Louis VII , lui fermer lesportes de leur église. On va voir quelques autres exemples semblables. Un légatdu pape, allant dîner à labbaye Sainte-Geneviève, fut accompagné par lé-vêque de Paris . Les chanoines admirent le légat, et repoussèrent lévêque,dont la présence dans leur maison attentait à leurs privilèges. Un autreévêque de Paris , dans un cas semblable, reçut un pareil affront dans labbayede Saint-Germain-des-Prés . Lors des funérailles de saint Louis, larchevêquede Sens et lévêque de Paris se rendirent ensemble à Saint-Denis pour assisterà cette cérémonie; Matthieu de Vendôme , abbé de ce monastère, en présencemême du nouveau roi Philippe-le-Hardi , leur ferma brusquement les portesde son église.

Sous le régime féodal, lhabitude denvahir, dusurper, était si générale parmiles seigneurs laïques et ecclésiastiques, quils prenaient les uns envers les au-tres les précautions les plus scrupuleuses. Si des inférieurs, des habitants dunvillage, pour obtenir la bienveillance de leurs supérieurs, savisaient de leurrendre un service, de leur faire un présent, ce service et ce présent étaient, parla suite, convertis en redevance annuelle et perpétuelle. Les seigneurs cheva-liers,. chanoines, abbés, évêques, en usaient de même entre eux. Malheur à ce-