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Il ISTOIR K l)K PARIS
un palais qui, après la suppression de l'ordre de Malte, devint national. Ce palaisfut, dans les années 1812 et 1813, considérablement embelli pour servir au mi-nistère des cultes; mais les événements de l'an 1814 ont fait changer la desti-nation de cet édifice; il a été occupé par madame la princesse de Condé, an-cienne abbesse de Remiremont , et par les dames de son ordre. Les murs fortélevés de l’enclos du Temple furent, en 1802, presque entièrement démolis.
île louvier, située en face de l’arsenal, dont elle n’était séparée que par laroute appelée autrefois le Mail, et par un bras de la Seine assez étroit quel’on vient de combler. Elle a porté plusieurs noms : ceux de 17/e aux Javeaux ,des Meules-aux-Javcaux, paraissent les plus anciens. Au quatorzième siècle, ellea aussi, à ce qu’il paraît, reçu le nom de Bouteclou , et alors elle était plan-tée d’arbres. En 1427, l'auteur du Journal de Paris, sous Charles VI , l’appelleVile aux Ourmeliaux , sans doute à cause des ormes qui l’ombrageaient. Sonnom de Louvier lui vient de ce qu’elle a été possédée, au quinzième siècle, parfine famille ainsi nommée. Elle appartenait, au dix-septième siècle, au sieurd’Entragues , dont elle porta quelquefois le nom. Ce seigneur, en 1671, la vendità la ville. Elle servit alors de dépôt aux foins, aux fruits, aux bois de char-pente; mais, peu de temps après, elle fut destinée à être un chantier de bois àIm'der. On doit y bâtir deux rues.
île saint-louis. 11 est prouvé que, dès le neuvième siècle, cette île appar-tenait à l’église cathédrale : c’est pourquoi elle a porté, jusque vers le milieudu dix-septième siècle, la dénomination d 'Ile de Notre-Dame. Pour compléterles fortifications de Paris , au treizième siècle on ouvrit, dans la largeur decelte île, un retranchement qui la divisa en deux parties. La partie orientalefut nommée Ile aux Vaches , l’autre reçut le nom d 'Ile Tranchée; mais l’ensem-ble de l’ile porta toujours celui de Noire-Dame. En 1640, le roi en fit l’acquisi-lion. Aux quatorzième et quinzième siècles, elle était inhabitée et servait à desjeux et au blanchissage des toiles. Ce ne fut qu’après 1614 que l’on commençaà y bâtir.
île de la cité, dite aussi quelquefois Ile du Palais. Vers la tin du règne dellenrri 111, lorsqu’on commença à construire le Pont-ISeuf, cette île fut agrandieà son extrémité occidentale, par l’adjonction des deux îles qui s’y trouvaient,et dont je parlerai. Elle reçut aussi de l’accroissement à son extrémité orientale,par sa réunion à un vaste amoncellement de gravois appelé la Motle-aux Pape-lards, ou le Terrain, sur lequel a depuis été bâti le quai Catinat , achevé en 1813.On y comptait, avant la révolution, vingt églises ou chapelles.
l’ile aux juifs. Elle a porté différents noms; on l’a nommée Ile-aux-Vaches,parce que les Parisiens , moyennant une contribution payée à l’abbaye Saint-Cermain-des-Près, y faisaient paître leurs vaches; l’abbé et les moines de cetteabbaye en étaient seigneurs. Il est difficile de lui assigner tous les nomsqu’elle a reçus sans craindre de les confondre avec ceux d’une île voisine pa-reillement inhabitée, et à laquelle, lors de la construction du Pont-Neuf , elle aété réunie. L’ile aux Juifs avoisinait le jardin du Palais et le couvent ou le quaides Augustins. C’est dans cette île que furent bridés vifs Jacques Molay , grand-maître des Templiers , et Ouy, commandeur de Normandie , bientôt après, l’abbé