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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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HISTOIRE DE PARIS

farces et moralités. Les acteurs de ce théâtre nétaient point des pèlerins,comme Ta dit Boileau , mais des bourgeois, des hommes de lettres, des juris-consultes, des magistrats et des ecclésiastiques.

THÉÂTRE DES BASOCHES DD PALAIS ET DD CHATELET. Ce fût SOUS le règne deLouis XI que les clercs du Parlement et ceux du Châtelet commencèrent à cequil paraît, à donner des spectacles au public; on sait que ce roi les aimait etaccordait sa protection aux comédiens. Les clercs de la Basoche du Parlement,jouaient leurs pièces dans la grandsalle du Palais, et la vaste table de marbre,qui sy trouvait, leur servait de théâtre. Quant aux clercs du Châtelet, ils en fai-saient dresser un devant la porte du bâtiment de ce tribunal. Dans un compterapporté par Sauvai, on lit quen 1475 les clercs du Châtelet ayant dressé unéchafaud devant le bât iment de cette cour de justice, y représentèrent des jeux,et firent beaucoup de dépenses auxquelles le prévôt de Paris contribua pour lasomme de dix livres parisis : ils ne touchèrent pas môme cette somme entière,et une partie fut, on ne sait pourquoi, donnée au bourreau.

Dès que Louis XI eut cessé dhabiter Paris , les clercs des Basoches du Palais et du Châtelet se trouvèrent sans protection; et le parlement, qui n'aimaitpas les comédies probablement quelques-uns de ses membres étaient joués,sopposa souvent à leurs représentations. Par un arrêt du 15 mai 1476, cel tecour défendit aux clercs de Tune et de lautre juridiction « de jouer pubhque-» ment au Palais, au Châtelet, ou ailleurs, farces, soties, moralités, sous peine» de bannissement et de confiscation de leurs biens. » Larrêt défend même auxclercs de demander à la cour la permission de jouer ces farces. Les mesures depolice que prenait le parlement étaient alors très-mal exécutées. Lannée sui-vante, les basochiens se disposaient à jouer leurs comédies ordinaires lorsquele parlement, par arrêt du 19 juillet 1477, défendit aux clercs du Palais, et à lund'eux, nommé Jean lÉveillé, se disant roi de la Basoche, de jouer, sous peine,par tes contrevenants, d'être battus de verges par les carrefours de Paris , et ban-nis du royaume. Après la mort de Louis XI , les basochiens se hasardèrent de fairerevivre leurs jeux scéniques; mais bientôt ils se laissèrent aller à des critiquesimprudentes, qui plusieurs fois forcèrent le roi de France dinterrompre leursreprésentations. Les spectacles reprirent faveur sous Louis XII . Les courti-sans lui remontrèrent que les clercs, dans leurs pièces, se permettaient beau-coup de licences, et quils lavaient joué lui-même sous la figure de lavarice.Louis XII fit cette réponse remarquable : « Je veux quon joue en liberté, et que» les jeunes gens déclarent les abus quon fait à ma cour, puisque les conl'es-» seurs, et autres qui font les sages, nen veulent rien dire : pourvu quon ne par-» le pas de ma femme, car je veux que lhonneur des femmes soit gardé. »

Aussitôt après la mort de Louis XII , le parlement, à cause du deuil, défenditles jeux préparés par les clercs et les dédommagea des frais que ces préparatifsleur avaient causés. Lannée suivante, il fit « défense aux basochiens et aux» écoliers des collèges de jouer farces ou comédies, dans lesquelles il seraitmention de princes et princesses de la cour.» Ces personnes ne craignaient pas dese livrer à leurs habitudes vicieuses, mais craignaient de se les entendrereprocher.