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DE CHARLES V A FRANÇOIS
monarque, le supplient humblement de pardonner au reste des coupables, etde convertir la peine de leurs crimes en une amende pécuniaire. Aussitôt lesdames et demoiselles joignent en pleurant leurs prières à celles des princes;
* e peuple à genoux criait : Miséricorde ! On ne sait pas si le roi répondit; maisle chancelier, se tournant vers le peuple, lui annonça que ses prières étaientexaucées, et lui dit : « Remerciez tous sa Majesté de ce qu’au lieu d’employer la" juste sévérité que vous avez encourue, elle préfère user de douceur et de clémence. »L’anonyme de Saint-Denis va nous donner la mesure de cette clémence : « On” relâcha, dit-il, les prisonniers; mais ce ne fut pas sans qu’il leur en coûtât ce* qui est le plus cher après la vie; car il leur fallut payer comptant une amende» qui égalait la valeur de tous leurs biens.... Semblable exaction fut faite sur» tous les bourgeois qui avaient été centeniers, soixanteniers, cinquanteniers ou“ dizeniers pendant la sédition, ou bien qu’on savait être fort riches. >>
Après vingt-neuf ans de privation de son administration municipale et de sesdroits, Paris put enfin les recouvrer. Le 20 janvier 1411, Charles VI rétablit leprévôt des marchands et les échevins, et les réintégra dans les juridictions, pré-rogatives et revenus qu’ils possédaient anciennement. Les Parisiens restèrentnéanmoins accablés sous le poids de contributions nombreuses, excessives, ar-bitraires, imposées sans règle, et levées avec rigueur; ils furent en proie auxSens de guerre qui vinrent plusieurs fois attaquer leur ville et ravager ses en-virons; enfin ils furent désolés par des famines et des maladies contagieusesqui se renouvelaient fréquemment.
Telle était l’espèce de calme que procurèrent aux Parisiens les manœuvresdes parents du roi ; et ce calme, tout désastreux qu’il était, ne fut pas de longuedurée : Paris étai ; destiné à devenir le théâtre d’autres crimes et d’autres mal-heurs. Jean Sans-Peur , duc de Rourgogne, était l’ennemi du duc d’Orléans soneousin-germain. Ces deux princes, toujours odieux l’un à l’autre, feignaient des e réconcilier et se juraient souvent amitié avec l’intention de s’entre-détruire.p eu de jours après avoir fait sur l’autel le serment d’être unis, dans la nuit duau 23 novembre 1407, le duc d’Orléans se rendant par la vieille rue duTemple à l’hôtel Saint-Paul, fut assassiné par Raoul d’Ocquetonville, agentdu duc de Bourgogne . Cette mort ne fit qu’augmenter l’inimitié qui existaite "tre les familles d’Orléans et de Bourgogne , et entraîna de nouvelles luttes.Après plusieurs lâchetés et perfidies commises de part et d’autre, deux partisse formèrent : celui des Bourguignons et celui des Armagnacs. Ces deux partisPaient détestés autant l'un que l’autre ; cependant, à Paris , on préférait géné-ralement le parti des Bourguignons.
Les ducs de Berri, de Bourbon, d’Orléans , de Bretagne , etc., s’étaient^ enHlo, ligués contre le duc de Bourgogne . Celui-ci établit à Paris une compagniedite milice royale , commandée par trois bouchers appelés les Goys, milice quine Préserva point Paris et ses environs des incendies, des pillages et des mas-sacres. Un parti prit Saint-Cloud , l’autre Saint-Denis; puis on fit la paix avecintention de recommencer bientôt la guerre.
Bientôt à Paris éclata une insurrection dont le duc de Bourgogne fut l’auteur.,e ( ' uc * eva dans cette ville une troupe de bouchers et d’écorcheurs de bêtes,