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dont le capitaine était un nommé Simonnet Caboche; cette armée, commandéepar le sire de Jacqueville, et dirigée par un médecin appelé Jean de Troyes,partit de l’Hôtel—de-Ville, marcha vers la rue Saint-Antoine, arriva devantl’hôtel où demeurait le duc de Guyenne, fils du roi, et où se trouvait aussile duc de Bourgogne . Là, celte troupe menaçante demande qu’on lui livre laplupart des officiers du duc de Guyenne, lesquels sont livrés et conduits pri-sonniers à la Tour du Bois, près le Louvre. Le dauphin exigea du duc de Bour gogne , son beau-frère, son serment sur une croix de fin or, qu’il ne ferait au-cun mal aux prisonniers. Pierre Desessarts, qui commandait la Bastille, renditcette forteresse à ce même duc, qui par serment lui promit toute sûreté; maisaussitôt que Desessarts en eut ouvert les portes, il fut saisi, emprisonné, ac-cusé de divers crimes et décapité. Le roi, la reine et le dauphin habitaient l’hô-tel Saint-Paul, et y vivaient sous la dépendance du duc de Bourgogne , qui, en1414, lit avec les princes ligués une paix sur laquelle les contractants ne comp-taient pas.
La violation du traité de Pontoise , commise par le connétable d’Armagnac,fut le prélude et le prétexte des scènes affreuses dont Paris devint le théâtre, etle duc de Bourgogne le principal moteur. Quelques Parisiens , poussés par lafaction bourguignonne, allèrent secrètement, au nombre de six ou huit, trouverà Pontoise le seigneur de l’Isle-Adam, qui tenait cette ville pour le parti desBourguignons, et convinrent avec lui du jour, de l'heure et du lieu où ils seprésenteraient sous les murs de Paris , avec toutes les troupes qu’il pourraitrassembler. Dans la nuit du 28 au 29 mai 1418, l’Isle-Adam, à la tête d’environhuit cents hommes, arrive, sans être aperçu, et s'approche de la porte Saint-Germain. Perrinet-Leclerc ou Le Féron , fils de celui qui gardait les clefs de cetteporte, était parvenu à les soustraire de dessous le chevet de son père; il ouvritcette porte aux troupes de l’Isle-Adam. Ces troupes, favorisées par l’obscurité dela nuit, s’avancent en silence dans Paris jusqu’auprès du Châtelet, où les atten-daient douze cents Parisiens armés. Alors de concert ils crièrent tous : ■< ,Rostre-Dame, la paix! Vivent le roi et le dauphin et la paix! ajoutant que ceux qui vou-laient la paix n’eussent qu’à s’armer et se joindre à eux. Les séditieux, dontle nombre allait toujours croissant, se portèrent à l’hôtel Saint-Paul, en brisè-rent les portes, parlèrent au roi, et le déterminèrent à monter à cheval et à semettre à leur tète. A la nouvelle de cette entrée, les partisans des Armagnacslurent saisis d’effroi. Le connétable de ce nom, chef de ce parti, se réfugiadans la maison d’un pauvre homme, près du Palais-Royal actuel. Tanneguy duChàtel, prévôt de Paris , courut à l’hôtel du dauphin, éveilla ce prince, quidepuis régna sous le nom de Charles VII , et, l’enveloppant dans ses draps, letransporta à la bastille de Saint-Antoine, puis le conduisit à Melun . Plusieurspersonnes du même parti se retirèrent dans cette bastille ; mais beaucoup d’au-tres n’en eurent pas le temps. Les uns se cachèrent dans des caves, des cel-liers; d’autres, pris dans leurs lits, furent traînés dans les prisons du Louvre,du Châtelet, etc. De ce nombre était le chancelier. Peu d’heures après cette en-trée, tous les Parisiens portèrent sur leurs habits, pour signe de ralliement, lacroix de Saint-André, qui formait le blason du duc de Bourgogne .