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Charles IX lit, rebâtir sur un plan plus vaste les bâtiments détruits. Ses succes-seurs continuèrent les constructions. Sous Henri III , en 1584, fut édifiée laporte qui faisait face au quai des Célestins. Cette porte était décorée de colon-nes, en forme de canons placés verticalement. Au-dessus était une table de mar-bre, où on lisait ce distique du Poète Nicolas Bourbon , distique qu’admiraitSanteuil : Dussé-je être pendu, disait-il, je voudrais en être l’auteur.
Ætna hase Henrico vulcania tela minislrat,
Tela giganteos debellatura furores.
Henri IV y établit un jardin; et Sully, en sa qualité de grand-maître de l’ar-tillerie, y fit, pendant tout le temps de son ministère, sa demeure ordinaire.Louis XIV ayant fait bâtir des arsenaux aux frontières du royaume, l’Arsenalde Paris ne servit plus qu’à contenir des pièces hors de service, des fusils rouil-lés, et des fonderies où l’on coulait quelques figures de bronze.
Le régent, en 1718, fit abattre plusieurs vieux bâtiments, et construire, parGermain Bofïrand, l’hôtel du gouverneur de l’Arsenal. Dans diverses pièces decet hôtel se trouve la précieuse Bibliothèque de Paulmy , devenue publique sousle nom de Bibliothèque del’Arsenal. Sur l’emplacement du jardin, en 1806, on aétabli une partie du boulevard Bourdon; et à partir de 1807, le vaste édificeappelé Grenier de réserve. A la place du Mail, entre les bâtiments de l’Arsenalet le bras de la Seine , on ouvrit une route très-commode. Les travaux de lagare, qui est alimentée par les eaux du canal de l’Ourcq, ont aussi apportéplusieurs changements utiles dans l’emplacement de l’Arsenal.
piloris. 11 existait à Paris plusieurs constructions destinées à exposer descondamnés aux yeux du public. On voyait un pilori au carrefour formé parles rues du Four , de Sainte-Marguerite, de Buci et des Boucheries. C’était ce-lui de la justice de Saint-Germain-des-Prés . — Le pilori le plus connu était situéau Carreau des Halles. Il présentait une construction octogone en maçonneriesurmontée d’une vaste lanterne en bois, dans laquelle on plaçait les condamnés.Cette lanterne tournait sur un pivot. En la faisant mouvoir de tous côtés, onexposait le patient à tous les regards du public. Dans les comptes de la prévôtéde Paris de l’an 1515, on voit que Laurent Bazard, exécuteur de la haute jus-tice, étant monté dans le pilori, sans doute pour y faire quelques apprêts,plusieurs personnes du peuple y mirent le feu, et que ce bourreau y fut brûlévif : Le pilori des Halles a été démoli en 1789.
fourches patibulaires, nommées en langage féodal justices. Il en existaitplusieurs en dehors de Paris : les plus connues sont celles de Montfaucon et deMontigny. Sur la cime de l’éminence de Montfaucon était un massif de maçon-nerie qui s’élevait, au-dessus du sol, de quinze à dix-huit pieds : sur la surface dece massif, long de quarante-deux pieds sur environ trente de large, se dressaientseize piliers, composés de fortes pierres, et dont chacun avait trente-deux piedsde hauteur. Ces piliers supportaient de grosses pièces de bois auxquelles pen-daient des chaînes de fer; à ces chaînes étaient attachés les cadavres des malheu-reux exécutés à Paris , On y voyait toujours, pendant cette période, cinquante àsoixante corps desséchés, mutilés, corrompus et agités par les vents. Cet bon i-