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SOUS LA DOMINATION DE LA LIGUE,cliands et courtiers de chevaux, dont on comptait à Paris six cents et plus. Ainsi,fie proche en proche, la partie la plus active de la population de Paris fut engagéedans la Ligue.
En 1587, les membres du comité secret des ligueurs de Paris craignaient con-tinuellement d’être découverts et punis avec sévérité : ils écrivaient souvent auduc de Guise pour l’engager à venir dans cette ville y changer la face du gouver-nement et faire cesser leur état d’anxiété. — Le duc de Guise faisait des promesseset ne les tenait pas. Pressé par leurs importunités, il leur envoya son frère, leduc de Mayenne. — Ce duc vint offrir ses hommages à Henri III , l’assura de safidélité, et aussitôt reçut secrètement à l’hôtel de Saint-Denis , où il logeait, lesprincipaux ligueurs de Paris , qui lui remontrèrent le danger qu’ils couraient enservant les intérêts de son frère. Le duc de Mayenne en fut frappé, et conçutaussitôt le projet de faire lui-même ce que son frère tardait tant à exécuter. Ilarrêta avec les ligueurs un plan de conspiration qui devait avoir pour résultatune nouvelle Saint-Barthélemi. Mais Nicolas Poulain, membre du comité secret,vint dévoiler à Henri III le plan des conjurés. Ce roi prit des mesures qui prou-vèrent aux ligueurs qu’il était instruit de leur complot: ils en furent effrayés. Lefluc de Mayenne , averti que Henri III l’accusait d’en être le chef, se présentadevant ce roi, lui protesta de son innocence avec l’accent de la colère et se retirafie Paris après avoir rassuré les ligueurs, et leur avoir dit qu’il n’allait pas loinqu’il volerait à leur secours en cas de danger. Le duc de Mayenne, ensuite,informé que Henri III devait dîner à l’abbaye et de là se rendre à la foire deSaint-Germain, conçut le projet d’y enlever ce roi ; mais celui-ci, averti du com-plot, ne se rendit ni au dîner ni à la foire, et y envoya le duc d’Epernon , qui yfut insulté et obligé de fuir précipitamment. Les ligueurs formèrent encore plu-sieurs autres projets contre la personne du roi. Mais ces projets, dont le roi étaitaverti par Nicolas Poulain, échouaient au moment d’être entrepris Les ligueursen étaient consternés : aussi cliangèrenl-ils de marche. « Lors les ligueurs, dit' Nicolas Poulain, commencèrent à pratiquer le plus de peuple qu’ils purent,
* sous le prétexte de la religion ; et les prédicateurs se chargèrent en leurs ser-
* mons de parler fort et ferme contre le roi, le dénigrer envers le peuple plus
* qu’ils n’avoient jamais fait ; et ce, pour provoquer le roi à en pendre quelques-
* uns, afin d’avoir sujet de s’élever contre lui. » Dans le même temps la duchessefie Montpensier, sœur des Guise , engagea le curé de Saint-Séverin, Jean Prévôt,a placer dans le cimetière de cette église un tableau qui représentait, ditlEstoile, « plusieurs étranges inhumanités exercées par la reine d’Angleterre
* contre les bons catholiques ; et ce, pour animer le peuple à la guerre contre les
* huguenots. De fait, alloit ce sot peuple de Paris voir tous les jours ce tableau,
* et en le voyant crioit qu’il falloit exterminer tous ces méchants politiques et
* hérétiques. De quoi le roi averti manda à ceux du parlement de le faire ôter,c< mais secrètement ; ce qui fut exécuté de nuit, le 8 juillet 1587. » De Thou nousa Pprend que ce tableau fut gravé, et que les gravures étaient exposées dans lesvues de Paris .
Cependant les prédicateurs de cette ville, autorisés par l’impunité et par