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Henri IV . Sur la même ligne on construisit, au midi comme au nord des anciensbâtiments, un corps de logis et un vaste pavillon. Ces additions au château desTuileries offrent le style et, à plusieurs égards, les formes d’architecture que l’onremarque à la façade de la galerie du Louvre, ce qui fait croire qu’elles ont étéconstruites dans le même temps et par le même architecte. Les parties addition-nelles de ce château , non plus que la galerie du Louvre, ne furent point achevéessous le règne de Henri IV . Sous Louis XIII et sous Louis XIV , les travaux furentcontinués.
fontaines. Dix-huit fontaines, alimentées par les eaux des aqueducs du Pré- Saint-Gervais et de Belleville , répandaient leurs bienfaits sur la seule partie sep-tentrionale de Paris , tandis que la Cité et la partie méridionale de celte ville enétaient entièrement privées. De plus, ces fontaines ne fournissaient qu’une faiblequantité d’eau, ou n’en fournissaient point du tout. Cette stérilité provenait desconcessions d’eau que la cour faisait à des communautés religieuses ou aux hôtelsdes personnages puissants. Les fontaines étaient presque taries par ces conces-sions, lorsqu’en 1587 on en réduisit le nombre : mais bientôt les abus de la faveurse renouvelèrent aux dépens du public. L’eau manquait aux fontaines : on fitencore, en 1595, une réduclion de concessions. En 1594, on fit payer les prisesd’eau aux concessionnaires, et l’on entreprit de faire de grandes réparations auxaqueducs du Pré-Sa in t-Gervais et de Belleville . Pour cela, Henri IV ordonna qu’ilserait perçu aux entrées de Paris un accroissement d’impôt sur les vins. Les tra-vaux étant achevés en (602, les anciennes fontaines de Paris furent rappelées à lavie, et l’on en créa de nouvelles.
fontaine nu palais. François Miron, prévôt des marchands, fit, en 1605,établir la première fontaine de l’île de la Cité. Elle fut alors construite surl’emplacement de la maison du père de Jean Chastel, assassin de Henri IV , etfut substituée à la pyramide élevée pour éterniser la mémoire odieuse du crime.Cette fontaine fut quelques années après transférée dans la cour méridionale duPalais de Justice. Elle est connue sous le nom de fontaine Sainte-Anne : ce nomlui fut donné, ainsi qu’à une rue du voisinage, en mémoire de la reine Anned’Autriche.
fontaine et pompe DE la samaritaine, située au-dessous de la secondearche du Pont-Neuf , du côté du quai de l’École. Les eaux fourmes parlesaqueducs du Pré-Sain t-Gervais et de Belleville ne pouvaient suffire aux fontainesde Paris . On pensa à procurer de l’eau aux palais du Louvre et des Tuileries parun moyen nouveau. Un Flamand, rfommé Jean Lintlaër, proposa d’élever, par lejeu d’une pompe, les eaux de la Seine dans un réservoir construit à une hau-teur suffisante pour être, de là, conduites dans ces deux palais. Cette proposi-tion fut admise par Henri IV . Le mécanicien flamand s’occupa à établir près etau-dessous delà seconde arche du Pont-Neuf , du côté du nord, les pilotis desa pompe. En 1603, le prévôt des marchands y mit opposition, motivée sur lagêne que l’établissement de cette machine apporterait à la navigation. C’est àce sujet que Henri IV , le 23 août 1603, écrivit à Sully la lettre suivante: « Sur« ce que j’ai entendu que le prévôt des marchands et eschevins de ma bonne« ville de Paris font quelque résistance à Lintlaër, Flamand, de poser le moulin