408 HISTOIRE DE PARIS
Corneille, ordonna aux nouveaux académiciens de s’occuper exclusivement de lacritique du Cid .
Cette Académie tenait encore ses séances chez un de ses membres. Après lamort du cardinal, le chancelier Séguier, son second protecteur, lui donna asiledans son hôtel. Dans la suite, Louis XIV , ayant pris le titre de protecteur decette Académie , lui accorda pour ses séances une salle dans le Louvre ; elle a con-tinué d’y siéger jusqu’au temps de la Convention, où toutes les académies furentsupprimées et remplacées par l’Institut, décrété par la constitution de l’an iv(1796), établi et organisé par la loi du 3 brumaire an v (24 octobre 1796), dontje parlerai en son lieu.
académie royale pour la noblesse, située rue Vieille-du-Temple, fondée,en 1636, par le cardinal de Richelieu, qui donna 22,000 livres pour cet établis-sement. Vingt gentilshommes devaient y être nourris, chacun pendant deuxannées, et, de plus, instruits dans les exercices militaires, les mathématiques etl’histoire, etc., le tout gratuitement. Cette Académie se composait, en outre, dejeûnes gentilshommes qui payaient pension. On ignore le sort de cet établisse-ment, qui ne fut pas durable.
imprimerie royale. Elle fut établie, en 1642, par ordre du cardinal de Ri-chelieu. Sublet, sieur des Noyers, en fut nommé surintendant ; Trichet Dufrêne,correcteur, et Cramoisi, imprimeur. En deux ans seulement il sortit des pressesde cette imprimerie soixante-dix gros volumes grecs, latins, français , italiens,tous imprimés en beaux caractères et sur beau papier. Quelque brillante que fûtdans son origine cette imprimerie, son état n’est pas comparable à ce qu’il estaujourd’hui. On y possède des poinçons, matrices et caractères des langues depresque tous les peuples de la terre qui ont une écriture, et notamment les centtrente-sept mille caractères de la langue chinoise.
Cette imprimerie fut d’abord établie dans la galerie du Louvre, au rez-de-chaussée et à l’entresol ; elle fut ensuite transférée à l’hôtel de Toulouse, en facede la place des Victoires ; et enfin, par décret du 6 mars 1809, à l’hôtel de Sou-bise et dans le bdtiment de cet hôtel, appelé Palais-Cardinal , et situé rue Vieille-du-Temple.
palais-royal , situé rue Saint-Honoré, n" 204, bâti à la place de l’ancien hôtelde Mercœur et de l’hôtel de Rambouillet, qui avait appartenu, au quinzièmesiècle, au connétable d’Armagnac. L’emplacement du jardin était, sous le règnede Charles V et longtemps après, traversé diagonalement par la muraille et lesfossés de Paris .
Richelieu , ayant acheté, en 1624, l’emplacement où est le palais, et ayant fait
vaise Iragi-comédie intitulée Mirante. Celle pièce n’eut qu'un médiocre succès. «Les Français n’au-» ront jamais de goût ponr les belles choses! s’écriait-il en colère; ils n’ont point été charmés de» Mirante. » Desmaretslui assura que la pièce était bonne, mais que les comédiens, étant ivres,ne savaient pas leurs rôles. Le cardinal composa aussi une comédie héroïque intitulée Mérope. Il lacommuniqua à Boisrobert , en lui demandant son opinion. Celui-ci, moins courtisan qu’à son ordi-naire, lui dit franchement qu’elle ne méritait pas la publicité. Le cardinal furieux déchira son ma-nuscrit; puis, se repentant d’avoir détruit un si bel ouvrage, il ne put dormir la nuit, se leva, litlever ses gens, demanda de la colle, rassembla avec beaucoup de peine tous les fragments épaissur le parquet, rétablit son manuscrit déchiré, et le fit imprimer sous le nom de Desmarets.