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menton orné d’une longue barbe, et tenant en ses mains des boîtes d’onguent. Ilparaît s’adresser à son valet Tabarin, qui, coiffé d’un chapeau d’arlequin, vêtud’une souquenille et d’un large pantalon, porte à sa ceinture une batte d’arle-quin et fléchit les genoux en y portant les deux mains. Son visage est couvertd’un masque. Sur l’arrière-plan est une femme assise, coiffée d’une toque ornéede plumes; devant elle est une grande cassette ouverte, contenant des pots ouboîtes de baume.
Soixante-neuf maisons religieuses, vingt d’hommes, quarante-neuf de femmes,et quelques autres établissements pieux ou civils, tous composés de grands bâti-ments, cours, jardins et enclos, fondés à Paris sous le règne de Louis XIII , de-vaient y occuper un espace considérable, et faire, pour ainsi dire, déborder lesbâtiments de cette ville hors de son enceinte. Une autre cause avait accru la popu-lation et le nombre des maisons de Paris . La paix intérieure, depuis si longtempsbannie de Paris , rétablie par Henri IV , ayant ramené l’aisance et la sécurité, unemultitude d’habitations nouvelles s’éleva dans cette ville et dans ses faubourgs.On songea aussi à protéger par une enceinte plus vaste une partie des maisons,hôtels, monastères établis dans les faubourgs du nord.
accroissement de l’enceinte de paius. En 1626, un nommé Royer, secré-taire du roi, proposa de faire construire entièrement la partie septentrionale del’enceinte, mais son projet ne fut pas exécuté.
En 1631, Iîarbier, intendant des finances, se chargea de faire construire uneenceinte qui commencerait à la porte Saint-Denis , suivrait le long des Fossés-Jaunes (près la rue Bourbon-Villeneuve), jusqu’à la nouvelle porte Saint-Honoré.Il fut tenu aussi de bâtir deux autres nouvelles portes, l’une au bout du faubourgMontmartre, et l’autre entre ce faubourg et celui de Saint-Honoré; d’abattre lesanciens murs, les anciennes portes qui se trouvaient depuis la porte Saint-Denis jusqu’à la porte Neuve; de combler les anciens fossés, où l’eau croupissait, etc.En conséquence, les anciennes portes Montmartre et Saint-Honoré furent dé-molies et l’on bâtit les boucheries sur leur emplacement. On éleva dans la ruede Richelieu, vers la rue Feydeau, une nouvelle porte qui a subsisté jus-qu’en 1701.
Sur l’emplacement enserré dans cette nouvelle enceinte furent ouvertes, peude temps après, les rues de Cléry, du Mail, Neuve-Saint-Eustache ; celles desFossés-Montmartre, Saint-Augustin, des Victoires, de Richelieu, Sainte-Anne, desPetits-Champs, etc. La butte Saint-Roch s’élevait au milieu de ces nouvellesconstructions, et conservait encore sa hauteur, sa forme agreste et ses moulinsà vent. — Outre ce quartier, on en vit alors commencer et se terminer plusieursautres. L’église de Notre-Dame de-Bonnes-Nouvelles fut bâtie en 1624; et plu-sieurs rues construites à l’entour reproduisirent l’ancien village de la Ville-Neuve, situé autrefois sur cet emplacement, détruit pendant le siège de Paris . LeMarais, quartier dont une grande partie, encore en culture, n’offrait que devastes enclos, se couvrit aussi de maisons et de rues nouvelles. Eu 1630, sur l’em-