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SOUS LOUIS XIV .ces salles, conduit à celles qui sont destinées aux expositions, à la galerie d’A-pollon et à la galerie dite le Musée des Tableaux; cetle dernière galerie, réparée,enrichie dans toute son immense longueur; la place du Carrousel, considéra-blement agrandie, débarrassée de plusieurs masses de maisons qui la rétré-cissaient; une large rue ouverte entre cette place et celle du vieux Louvre, quimet ce palais en regard avec celui des Tuileries , et plusieurs autres travauxmoins importants qu’il serait fastidieux d’indiquer, concoururent à l’embellisse-ment du Louvre et furent pour la plupart projetés et exécutés sous le règne deNapoléon , qui n’oublia pas de faire placer sur les murs de cet édifice res-tauré et terminé par ses ordres, et dans les endroits les plus apparents, sonchiffre, les emblèmes de sa puissance, et autres insignes qui, après sa chute, onttous disparu.
palais des tuileiîies. Louis XIV , en 1664, chargea Leveau de terminer etréparer le palais des Tuileries . Cet architecte y fit plusieurs changements; l’esca-lier, chef-d’œuvre de construction, mais très-déplacé, fut démoli et situé plusconvenablement. Le pavillon du centre fut exhaussé ; on le décora de deux ordon-nances, l’une corinthienne et l’autre composite, et d’un attique avec cariatides.Le comble de ce pavillon s’élevait sur un plan circulaire et offrait une coupole :on y substitua un dôme quadrangulaire, et on ne laissa subsister des constructionsde l’ancien architecte, Philibert Delorme , que l’ordonnance du rez-de-chaussée,ordonnance composée de colonnes et de pilastres à tambours de marbre, et dontles sculptures sont très-précieusement exécutées.
Les deux terrasses placées sur la façade du jardin, aux deux côtés de ce pavil-lon, furent conservées dans leur forme originelle; mais on changea la décorationdes façades des bâtiments qui sont au fond de ces terrasses ; et les trumeaux deces façades furent ornés de gaines et de bustes.
La galerie qui unit le palais des Tuileries à celui du Louvre était, quant àla maçonnerie, terminée du temps môme de Henri IV , mais plusieurs parties ac-cessoires restaient imparfaites. L’intérieur de cette galerie ne fui décoré et mêmeentièrement pavé qu’en 1802. Louis XIV s’occupa spécialement de l’extérieur.11 fit sculpter les bas-reliefs des grands pavillons d’angles des Tuileries , ainsi quetous ceux qu’on voit sur les frontons de la galerie, tant du côté de la Seine que decelui de la place du Carrousel.
le jardin des tuileries était, avant Louis XIV , séparé du palais de ce nompar une rue qu’on nommait rue des Tuileries. Ce jardin renfermait une vaste vo-lière, un étang, une ménagerie, une orangerie et une garenne qui en occupaitl’extrémité occidentale. Une forte muraille, un fossé et un bastion qui embrassaittoute la largeur de ce jardin, le protégeaient. Près de ce bastion était, sur le quai,une porte de ville appelée de la Conférence, porte qui paraît avoir été construitesous le règne de Louis XIII .
Vers l’an 1665, Le Nôtre fut chargé de dessiner sur un nouveau plan le jardindes Tuileries . Il changea tout; il environna ce jardin de deux terrasses plantéesd’arbres : celle du bord de la Seine et celle des Feuillants. Elles encadrent le jar-din de deux côtés; et, après un retour, elles s’inclinent en se rapprochant al’extrémité occidentale, et chacune, décrivant une courbe, s’abaisse par une rampe