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acquit une consistance et des richesses qu’elle n’avait jamais eues (1); pour lapremière fois, rendue accessible au public, elle favorisa puissamment les pro-grès des connaissances humaines. Louvois succéda à Colbert dans la directionde cette bibliothèque : il continua son ouvrage, chargea les ministres français dans les cours étrangères d’acheter des manuscrits et des imprimés : on enreçut de toutes parts. Le père Mabillon voyageait en Italie pour le même objet :il procura à la bibliothèque plus de quatre mille volumes imprimés et plusieursmanuscrits. On acquit dans le même temps ceux de Chantereau-Lefèvre. Lessavants envoyés par Colbert dans le Levant faisaient aussi, à leur tour, par-venir à la bibliothèque les fruits de leurs investigations. En 1697, le sieur Rou-vet, missionnaire, apporta quarante-deux volumes chinois que l’empereur dela Chine envoyait en présent au roi. Avant cet envoi, il n’existait dans labibliothèque que quatre volumes en cette langue : ils s’y sont, dans la suite,considérablement multipliés. — En 1700, l’archevêque de Reims donna à labibliothèque royale cinq cents manuscrits hébreux , grecs, latins et français .On acheta pour elle trente-cinq volumes manuscrits sur la Lorraine ; le père
(1) Elle s’accrut du fonds du comte de Béthune , composé;de 1,923 volumes manuscrits, dont plus de950 sont remplis de lettres et de pièces originales sur l’histoire de France : — Vers 1602, du fondsd’Antoine de Loménie de Brienne, composé de manuscrits sur l’histoire de France ; — Dans le mômetemps, de la bibliothèque de Baphaël Trichet, sieur Dufresne, composée de neuf à dix mille volumes,d’une quarantaine de manuscrits grecs, et de cent manuscrits latins et italiens, etc. ;
D’un recueil immense de pièces sur le cardinal Mazarin, en 536 volumes ;
Du cabinet des médailles du Louvre, collection très-remarquable par ses raretés, ses antiquités etses pierres précieuses;
Du cabinet de médailles dont J.-B. Gaston, duc d’Orléans , fit, en 1660, présent au roi, ainsi que deses livres et manuscrits ;
Du grand recueil des estampes de l’abbé de. Marolles, contenant 224 volumes in-folio ;
Des pièces et ornements en or trouvés, près de Tournay , dans un tombeau qu’on a cru être celuide Childéric : ces objets riches et curieux faisaient partie de la collection du cabinet du Louvre ;
Des livres du sieur Carcavi, dont, en 1667, Colbert fit l’acquisition ;
De plusieurs livres que ce ministre faisait acheter dans les ventes, soit en France , soit à l’étranger ;
De 229 volumes in-folio et 1588 in-4°, provenant de la bibliothèque de M. Fouquet, manuscritsou imprimés, acquis en 1667 ;
De 2,156 volumes manuscrits, dont 102 en langue hébraïque, 343 on arabe, samaritain, persan,turc et autres langues orientales ; 229 en langue grecque, et 1,422 en langue latine, italienne , fran çaise , espagnole , etc. ; en outre, de 1,337 livres imprimés, tous provenant de la bibliothèque du car-dinal Mazarin ;
D’une partie des livres orientaux de Jean Golius et de 1,100 manuscrits hébreux , arabes,turcs ,persans, grecs, latins, français , esclavons, et de près de 600 volumes imprimés dans cos langues,provenant de la bibliothèque du savant Gilbert Gaulmin ;
De 62 manuscrits grecs, queJl. de Monceaux recueillit dans leLevant,où ilfutonvoyé exprès en 1667;
De la bibliothèque de Jacques Mentel, médecin, composée d’environ dix mille volumes, dont unecinquantaine de manuscrits, acquise en 1670 ;
De 146 volumes, que l’ambassadeur de Portugal avait fait acheter à Lisbonne , concernant l’his-toire d’Asie , d’Afrique , d’Amérique , d’Espagne , etc.;
De plusieurs livres imprimés,reçus généralement de Hollande,d’Angleterre,d’Allemagne,d ’Italie,etc . ;
De 340 volumes in-folio, contenant des copies de titres conservés dans les chambres des comptes,maisons religieuses, etc. ;
De 630 manuscrits hébreux , syriaques, coptes, arabes, turcs , persans, et d’une trentaine de ma-nuscrits grecs roceueillis par le père Michel Vansleb, savant orientaliste que Colbert , en 1672,avait envoyé dans le Levant ;
Enfin, en 1684, on comptait dans la Bibliothèque royale, 10,542 manuscrits, sans y comprendreceux de Brienne et de Mézeray, et environ 40,000 imprimés, non compris les divers recueils d’es-tampes et de cartes de géographie.