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Royale, qui laisse voir il son extrémité opposée l’édifice de la Madeleine. Aucoucliant de cette place se présentent deux vastes massifs de verdure forméspar les arbres des Champs-Elysées . Au milieu s’ouvre une large route qui sertde prolongation à la grande allée du jardin des Tuileries . Cette route, diie Ave-nue de Ncuilly, commencée en 1768, est bornée par les hauteurs deCliaillot, parles édifices de la barrière de Neuilly et par l’arc de triomphe de l’Étoile. — Ausud de celte place, on aperçoit la façade du palais du Corps-Législatif, aujour-d’hui nommé Chambre des députes, qui se trouve, ainsi que le pont qui la pré-cède, en correspondance avec le centre de la place de Louis XV , avec la rue Royaleet la façade de la Madeleine.
Celle place doit son nom de Louis XV à la statue équestre de ce roi, laquelles’élevait au centre. Dès l’an 1748, le prévôt des marchands de Paris avait dé-terminé ses subordonnés, les éclievins de cette ville, à faire élever ce monumentà la gloire du roi, et à le lui offrir au nom des Parisiens . Edme Boucliardonexécuta la statue. Elle fut, le 17 avril 1763, transférée à la place qui lui étaitdestinée. Pigalle fut chargé des ornements du piédestal, lequel était décoré dequatre figures colossales faisant l’office de cariatides et représentant des vertus.C’est à propos de ces dispositions que furent faits ces deux vers satiriques siconnus :
O la belle statue '. û le beau piédestal 1Les vertus sont à, pied, le vice est à cheval !
Le il août 1792, cette statue équestre fut renvèrsée, ainsi que tous les autresmonuments de cette nature qui existaient à Paris . Un décret de l’Assemblée lé gislative , de la veille, en avait ordonné la destruction.
Quelques mois après fut élevée, sur le piédestal, une figure colossale de laLiberté, en plâtre, exécutée par Lemot. Alors la place de Louis XV reçut le nomde place de la Révolution . Cette figure resta en place depuis la fin de 1792 jus-qu’au 20 mars 1800, époque où un arrêté des consuls ordonna que des colonnestriomphales seraient élevées dans tous les départements de la France , et qu’unecolonne nationale serait érigée, à Paris , sur la place de la Révolution , au lieu dela figure de la Liberté. Dans les départements, ainsi qu’à Paris , on fit toutes lesdispositions nécessaires pour exécuter ce décret. Le 25 messidor an vni, Lu-cien Ronaparte, ministre de l’intérieur, vint poser en grande cérémonie lapremière pierre de cette colonne monumentale. Ni la colonne de Paris ni celledes départements ne furent construites. Lorsqu’on éleva à Paris le simulacrede cette colonne, on changea le nom de la place ; elle reçut alors celui de place de la Concorde . Dans les premiers jours d’avril 1814, on lui rendit sa premièredénomination, celle de place de Louis XV ; mais depuis la révolution de 1830,elle a repris son nom de place de la Concorde . Sur cette place, pendant plus dequinze mois qu’a duré le régime de la terreur, un grand nombre de victimesfurent décapitées Le 21 janvier 1793, l’infortuné Louis XVI y éprouva le mêmesort, etc., etc. Cette place fut commencée en 1763 sur les dessins de Gabriel,achevée en 1772, et décorée de nouveau de 1830 à 1840 sur les dessins deM. Hitterb. Son plan octogone est toujours limité par des fossés revêtus en ma-
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