533
SOUS LOUIS XV .à rétablir l’exposition annuelle. Cette exposition, dans les premières années deson établissement, ne durait que douze jours; ensuite sa durée lut portée àquinze jours, puis à un mois. En 1763, l’exposition dura cinq semaines; sa durées’est depuis prolongée jusqu’à deux mois. Ces différences progressives montrentla nécessité, l’excellence de l’institution, et les désavantages résultant du privi-lège qu’avaient les académiciens d’y placer leurs seuls ouvrages. L 'Académie deSaint-Luc imita cet exemple utile : elle eut ses expositions, en 1762, à l’hôteld’Aligre; et le 23 août 1774, à l’hôtel Jabach , rue Neuve-Saint-Méry, elle fit,sous les auspices de M. de Paulmy , son protecteur, l’expositiou des productionsde ses membres, amateurs, officiers et agréés.
Ohigixe ET LOGE DES FKAXCS-MAÇOXS. L’origine de la franche-maçonnerie estinconnue aux maçons les plus instruits. Toutefois, la conformité qui existeentre les initiations des anciens et celles des modernes me semble suffisam-ment indiquer que les mystères se sont perpétués, en s’altérant, à la vérité, dansles rites maçonniques. Il se forma au moyen âge diverses associations qui eurentleurs formules et leurs pratiques secrètes. Les individus qui exerçaient des pro-fessions industrielles se réunirent aussi en société pour se soustraire à la tyran-nie de la féodalité, et adoptèrent des mystères qui n’étaient pas étrangers à lareligion.
L’origine de ces associations mécaniques, quoique les pratiques mystérieusesn’en aient été entièrement découvertes que dans des temps voisins du nôtre, n’en°st pas moins très-ancienne, parce que plus un usage est répandu, plus la sourceen est éloignée. Or, l’usage des mystères dans les professions mécaniques aexi sté et existe encore dans une partie de l'Europe . On sait que dans toute1 Allemagne les apprentis, les compagnons de divers métiers ont, pour se reeon-nailre réciproquement, des signes, des attouchements, des mots consacrés, quis ont propres à leur grade et à leur métier. Un compagnon arrivant dans une villen est point admis à y travailler, à y recevoir l’hospitalité, avant que le syndic ducorps n’ait obtenu de lui les mots secrets, les signes de reconnaissance; cetusa ge se pratique même en France , i Depuis un temps immémorial, dit un écri-
* Va| n moderne, les charpentiers, les chapeliers, les tailleurs d’habits, les selliers,1 les maçons constructeurs, et, en général, presque tous ceux qui exercent des
* métiers de ce genre sont dans l’usage de se réunir, sous des formes mysté-l( rieuses, pour recevoir compagnons les garçons qui ont fini leur apprentissage.
* ^ es membres de ces cotexûes sont connus sous le nom de compagnons du dc-
* V0!r ) etc. Ces compagnons ont adopté un mode d'initiation, dont l’objet est1 de former entre eux un lien universel, au moyen duquel tous ceux qui sont
* re Çus deviennent membres adoptifs de la grande famille des ouvriers. Ils sont
* sec °urus par leurs camarades, dans quelques parties du monde qu’ils soient
* I eles Par le sort; on leur procure du pain et du travail dans un pays, lorsqu’ils
* n en trouvent pas dans un autre. » On trouve ici les caractères des mystèresantiques, et, de plus, le motif que j’ai assigné à ces associations, celui de se pro-léger réciproquement.
, Les initiations pratiquées par les compagnons de ces professions mécaniquesn ont, à la vérité, été découvertes qu’au dix-septième siècle ; mais leur origine