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Cette ville, pendant le règne de Louis XVI , continua à se dépouiller de savieille physionomie et vit naître plusieurs établissements nouveaux. Paris futentouré d’une enceinte profitable au ministère, oppressive pour les habitants. —Le jardin du Palais-Royal, ses galeries, ses tripots, devinrent le principal ren-dez-vous des étrangers, un foyer de commerce et de corruption. — 11 y eut desquartiers qui s’étendirent d’une telle sorte, que des faubourgs devinrent desparties de la ville, et que de nouveaux faubourgs euvahirent la campagne et lesvillages voisins. — Plusieurs rues furent ouvertes et prolongées. — On com-mença à démolir les maisons élevées sur les ponts; enfin un pont nouveau futjeté sur la Seine .
enceinte ue paris . Cette entreprise était toute fiscale. Les fermiers géné-raux, pour arrêter les progrès de la contrebande, et assujettir aux droitsd’entrée un plus grand nombre de consommateurs, obtinrent, en 1784, duministre Calonne, l’autorisation de renfermer Paris dans une vaste muraille.Les travaux commencèrent au mois de mai de cette année. Malgré les opposi-tions de quelques personnes puissantes dont les intérêts étaient lésés, on con-tinua l’exécution de ce projet, et l’on enserra les boulevards neufs. — Les por-tes et barrières d’entrée furent élevées sur les dessins de l’architecte Ledoux.— Les dépenses s'élévèrenl bientôt à plus de vingt-cinq millions. Un arrêt du con-seil, du 7 septembre 1787, ordonna la suspension des travaux de cette enceinte.Le 8 novembre suivant, de Rrienne, archevêque de Toulouse et ministre, vintvisiter cette muraille. Dans les premiers mouvements de sa colère, il voulut lafaire démolir et en vendre les matériaux; mais les travaux en parurent tropavancés. Il n’était plus temps de réparer le mal ; et la presque totalité de l’en-ceinte se trouvait achevée, lorsque le gouvernement s’aperçut de son existence.Le nouveau ministre se borna, par un nouvel arrêt du conseil du 25 novembrede la même année, à suspendre les travaux et à nommer d’autres architectes etd’autres inspecteurs. — Le 1 er mai 1791, les droits d’entrée étant abolis, les bar-rières et les murailles devinrent inutiles. Sous le Directoire , vers l’an v, il futétabli une légère perception à l’entrée de Paris ; on répara alors les barrières.Cette perception, dont le produit était destiné aux hôpitaux, se nommait octroide bienfaisance. Sous le règne de Bonaparte , on acheva les murailles de Paris ,et on perfectionna considérablement la perception des barrières.
galerie et jardin dü palais-royal . C’est la foire perpétuelle, le rendez-vous de tous les étrangers, le centre de beaucoup d’affaires. L’ancien jardin,plus vaste que celui d’aujourd'hui, comprenait, outre le jardin actuel, tout l’em-placement qu’occupent les rues de Valois, de Montpensier et de Beaujolais, etl’emplacement des corps de bâtiments qui entourent les trois côtés du jardinactuel. Son plus bel ornement était une large allée de maronniers, vieux, touf-fus, toujours peuplée d’oisifs, de nouvellistes et de courtisans.
Ic même boulevard , et enfin le Théâtre-Français Comique et Lyrique, boulevard Saint-Martin; ilprit aussi le titre de Théâtre des jeunes artistes.