572 HISTOIRE DK PARIS
de renoncer aux châtiments juridiques, et de se borner à exiler quelquesseigneurs.
Le règne de Louis XVI fut signalé par plusieurs découvertes dans les scienceset dans les arts. Franklin, ambassadeur des États-Unis de l’Amérique à Paris , fitadopter les paratonnerres. Cette invention trouva, dans la vieille ignorance, desoppositions dont elle a aujourd’hui pleinement triomphé. — Un docteur alle mand . appelé Mesmer , vint en France , et publia, en 1780, un ouvrage où il éta-blissait l'existence du magnétisme animal. Il trouva, parmi les médecins, beau-coup de contradicteurs et peu de partisans. Mesmer ouvrit une souscription,prit l’engagement de communiquer le secret de sa découverte à ceux qui dé-poseraient cent louis. La curiosité fit des dupes : de ce nombre fut le savantBertholet, qui, moyennant celte somme, eut l’honneur d’être admis aux séancesdu magnétisme. Mécontent de cette doctrine, il publia, en mai 1784, un avistrès-défavorable à l’empirique. Celui-ci n’en fut point déconcerté; il forma unesociété, appelée de ['Harmonie, où il établit ses baquets ou réservoirs du ma-gnétisme. Le roi, le 12 mars 1784, avait chargé des commissaires de faire unrapport sur cette découverte. Ce rapport, attendu avec impatience, parut le11 août suivant. Il porte que l'imagination est le grand moteur du magnétisme;que, sans elle, son prétendu fluide ne peut agir; que le magnétisme est inutile,et même dangereux, à cause de l’imitation dont la nature nous a fait une loi.La Faculté et la Société de médecine, longtemps divisées, furent d’accord surces principes, et y souscrivirent. En 1785, le magnétisme produisit le somnam-bulisme; et c’est au sieur de Puységur qu’on doit ce perfectionnement. Il par-venait à endormir ceux ou celles qui se soumettaient à l’opération, leur faisaitdes questions auxquelles les dormeurs inspirés répondaient par des parolesqui étaient reçues comme des oracles ou des prophéties.
Un autre empirique, être prétendu surnaturel, qui possédait des secrets mer-veilleux et correspondait avec des esprits, Joseph Balsamo , fameux sous le nomde Cagliostro , était à Strasbourg , et y attendait, pour venir à Paris commencerson rôle, que Mesmer eût fini le sien et qu’il fût descendu de ses tréteaux. Cethomme, qui avait parcouru toutes les cours de l’Europe , était, dit-on, âgé dedeux cents ans, et guérissait toutes les maladies. Apres avoir séduit quelquesprinces, et notamment le cardinal de Rohan, il vint à Paris , où il fit beaucoupd’autres dupes. Il y fonda des loges maçonniques, durit égyptien, d'adoption ;il s’annonçait comme possédant le secret de rajeunir les vieillards, et de régéné-rer le moral. Compromis dans l’affaire du collier, Cagliostro fut mis à la Bastille ,se plaignit d’avoir été dépouillé de ses bijoux par le gouverneur de cette for-teresse; puis, s’étant retiré à Londres , il y publia une Lettre au peuple français ,dans laquelle on trouve cette prophétie, inspirée piar la connaissance qu’il avaitacquise à Paris de l’état de l’opinion publique : la Bastille stra détruite, etdeviendra tin lieu de promenade.
Une découverte moins mystérieuse est celle des aérostats ou ballons. Jacques-Étienne Montgollier les inventa en 1783. Les sieurs Charles et Robert perfection-nèrent cette découverte. Le 27 août 1783, ils firent élever, au Champ de Mars ,un ballon de taffetas gommé, qui alla tomber du côté de Conesse, où sou ap-