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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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SOUS LA RESTAURATION.

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ÉTAT DES SCIENCES, DES LETTRES ET DES ARTS SOOS LA RESTAURATION.

A la faveur de la paix, qui fut à peine troublée un moment par 1 expéditiondEspagne , le commerce et lindustrie prirent un développement considérablesous la Restauration, et atteignirent au degré de prospérité le plus élevé que nousprésente lhistoire de France . Malgré les préoccupations politiques, si hostilesau gouvernement de la Restauration; malgré les centaines de millions payés,pour frais de guerre, aux puissances alliées ; malgré, enfin, lindemnité dunmilliard accordée aux émigrés, la fortune publique saccrut rapidement et lai-sance se répandit peu à peu dans toutes les classes de la société.

Le mouvement intellectuel fut également très-remarquable sous la Restau-ration ; lesprit de lutte, qui animait les hommes politiques, sétendit dans ledomaine de la littérature et de la philosophie. Dun côté, la métaphysique spi-ritualiste sescrimait avec courage contre les doctrines sensualistes mises enhonneur par les idéologues du xviii 6 siècle; dun autre côté, les admirateursexclusifs de lantiquité païenne, prenant pour mots de ralliement les poétiquesdAristote , dHorace et de Roileau, sabritant derrière les chefs-dœuvre litté-raires de lantiquité grecque et romaine, et sappuyant sur les écrits immortelsdu siècle de Louis XIV , soutenaient lassaut contre des novateurs qui bâtissaientun nouveau Parnasse, au sommet duquel ils plaçaient Shakespeare , lord Byron et Goethe . De cette petite guerre littéraire entre les classiques et les roman-tiques, comme sappelaient les deux partis, il nest sorti, il faut le dire, aucunouvrage durable. Cependant, malgré les fanfaronnades de leur style et lesexcentricités de leurs inventions littéraires, quelques hommes sont arrivés àune célébrité à laquelle il ne manque que la sanction du temps.

Ea plupart des écrivains qui sétaient distingués sous lEmpire continuèrentleurs travaux sous la Restauration : MM. de Chateaubriand, Andrieux, Tissot,de Laeretelle, Ballanclie, Benjamin Constant et M me de Staël étaient à lapogéede leur talent. Quelques poëtes, MM. de Lamartine , Casimir Delavigne , Victor Hugo , Alf. de Vigny, souvrant des voies nouvelles dans le champ de limagina-tion, virent leurs premiers essais accueillis avec une faveur marquée. MM. Bar-thélemy et Méry assujettissaient aux formes de lalexandrin des pamphletsvivement admirés par les libéraux. Les chansons de MM. Désaugiers , Piis etsurtout celles de Béranger, prouvaient que lesprit français navait rien perdude sa verve railleuse ni de sa gaieté philosophique. MM. Alexandre Buval etEtienne voyaient leurs comédies se jouer au milieu des applaudissements. LesVêpres Siciliennes et Marino Faliero , par Casimir Delavigne , en raison descirconstances politiques, étaient accueillis avec enthousiasme. Sur la fin de laRestauration, M. Victor Hugo faisait représenter, sur le Théâtre-Français, sesdrames d 'Hernani et Marion Delorme , et M. Alexandre Dumas , son drame deHenri lu, deux pièces qui furent regardées comme le manifeste de la poétiquede lécole nouvelle. Ces pièces firent une terrible concurrence aux mélodramescomme les concevaient, avec très-peu de prétentions littéraires, MM. Pixerecourtet Victor Ducange ; quant aux poëtes tragiques de lépoque impériale, ils se