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Histoire de Paris et de ses monuments / par Dulaure
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624 HISTOIRE DE PARIS

arrêté, condamné par la cour des Pairs, le 9 juillet, et exécuté le II du mêmemois.

Le 14 juin de l’année suivante, la princesse Hélène de Mecldembourg-Schwerin,mariée au duc d’Orléans, faisait son entrée à Paris . A cette occasion, il y eut, surtous les points de la ville, des réjouissances publiques. Ces fêtes se terminèrentpar un déplorable accident. Une foule immense se pressait^au Champ-de-Mars pour assister à une représentation de la prise de la citadelle d’Anvers par l’arméefrançaise : après le spectacle, la multitude s’entassa vers les issues trop étroitesde la place, et, dans la mêlée, plusieurs personnes périrent, étouffées ouécrasées.

Le I er avril 1839, il y eut dans Paris des rassemblements qui furent prompte-ment dissipés par quelques charges de cavalerie; mais, dans le mois de mai suivant,éclata une tentative d’insurrection dont les suites furent beaucoup plus graves.Les républicains les plus dévoués à leurs opinions avaient formé, en 1836, unesociété secrète, dite des Saisons. Au nombre de mille environ, ils attendaient uneoccasion favorable pour soulever Paris et essayer de renverser le gouvernement.L’anarchie qui régnait, au mois de mai 1839, dans le camp ministériel leurparut devoir venir en aide à leurs projets. Le 12 mai fut le jour choisi par lesprincipaux chefs de la Société des Saisons, Barbés, Blanqui et Martin Bernard ,pour engager la lutte. Ce jour-là, à trois heures et demie, les sectionnâmesétaient rassemblés dans la rue Bourg-l’Abbé ; des armes et des munitions leuravaient été distribuées. Barbés, à la tète d’une colonne, passe les ponts, enlèvele poste du Palais-de-Justice, de là se dirige sur l’Hôtel de Ville, et s’empare duposte de la place Saint-Jean. Bientôt les insurgés, gagnant le quartier Saint-Martin, élèvent trois barricades dans la rue Grenétat. Trop peu nombreux pourpouvoir opposer une longue résistance à la force armée, plusieurs des section-nâmes furent tués, d’autres furent faits prisonniers. Telle a été la dernière ten-tative à main armée que le parti démocratique ait faite pour le triomphe de sesdoctrines; c’est aussi le dernier événement important que nous présente l’histoirede Paris , depuis l’avénement au trône du duc d’Orléans.

ÉTAT DES SCIENCES, DES LETTRES ET DES ARTS SODS LE RÈGNE DE LOUIS-PHILIPPE .

Bien que la tranquillité publique ait été souvent troublée par des émeutes etdes insurrections, on ne peut se refuser à reconnaître que la ville de Paris n’aitcontinué à s’avancer dans la voie de prospérité que lui avait ouverte la Restau-ration. Pendant la période de quinze ans que nous venons de parcourir, une fouled’hommes distingués ont cultivé les sciences, les lettres et les arts, avec autantd’éclat qu’à aucune autre époque de l’histoire. Je n’entreprendrai pas de faireconnaître tous les ouvrages éminents qui ont été publiés dans ces derniers temps,ni de proclamer les noms de tous les écrivains qui ont été en possession de lafaveur publique : sur de telles matières, les contemporains ne sont jamais consi-dérés comme des juges en dernier ressort. Je me bornerai à dire que la plupartdes hommes dont les débuts avaient eu du retentissement sous la Restaurationauront contribué à illustrer le règne de Louis-Philippe . Des savants d’un ordre