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SOUS LOUIS-PHILIPPE I er .cés en 1764, sur les plans de Constant d’Ivri, modifiés en 1777 par l’architecteCouture , et abandonnés pendant la révolution, furent repris en 1806, aux termesd’un décret de Napoléon, daté du camp impérial de Posen . L’empereur, à lasuite d’un concours, auquel prirent part quatre-vingt-douze architectes, chargeaPierre Vignon de transformer le monument, depuis si longtemps commencé, enun Temple de la Gloire, dédié aux soldats de la grande armée. La Restaurationtrouva le temple inachevé, et décida qu’il serait rendu à sa destination primitive.Cependant il est.juste de dire que les travaux les plus considérables ont étéexécutés depuis la révolution de Juillet. L’église de la Madeleine , dont la con-struction fut si souvent interrompue par les événements politiques, a été achevéesous la direction de M. Huvé, et enfin inaugurée le 24 juillet 1842.
Ce monument présente à l’extérieur le caractère et les formes architecturalesd’un temple antique. C’est un vaste parallélogramme entouré de colonnes d’ordrecorinthien (1). Les colonnes des péristyles sont ornées de cannelures et cou-ronnées de chapiteaux sculptés avec une certaine élégance. Les entre-colonne-•oents laissent voir 36 grandes statues de saints placées dans des niches prati-quées dans les murs de la cella, sous les portiques. Autour de l’édifice règneune frise ornée d’anges, de médaillons et de guirlandes d’une exécution com-unune. Le portique du nord est surmonté d’un fronton encore sans sculpture.Sur le fronton antérieur, on remarque une grande composition due au talentde M. Lemaire. L’artiste a représenté le Christ debout, ayant à ses pieds Made-leine repentante. A la droite et à la gauche de ce groupe principal sont figurés,sous une forme allégorique, d’un côté les Vices repoussés par un ange vengeur,de l’autre, les Vertus amenées par l’ange de la Résurrection. Les portes d’entréesont en bronze fondu ciselé. Sur leurs compartiments, M. Triquelti a sculpté enrelief dix sujets relatifs aux commandements de Dieu .
L’intérieur de l’église, divisé en trois travées, reçoit la lumière par trois cou-poles surbaissées qu’on ne peut apercevoir du dehors. Les penditifs de cescoupoles sont rehaussés de bas-reliefs représentant les douze Apôtres, exé-cutés par MM. Roman, Foyatier et Pradier. La voûte en berceau du vestibuleoffre en bas-relief la Foi, 1’ Espérance et la Charité , par MM. Guersant, Lequinet Bra. Le long des murs, revêtus de placages de marbre, sont placées de petiteschapelles ornées de colonnes d’ordre ionique. Les autels de ces chapelles sontsurmontés de niches dans lesquelles on a placé des statues de MM. Barye , Bra,Etex, Seurre, Duret et Raggi. L’abside, dont la voûte en cul-de-four est décoréedune belle peinture de M. Ziégler, représentant l’Histoire du Christianisme ,est ornée aussi de colonnes ioniques, et de figures de saints peintes par M. Rave-fat. Six grands tableaux, ouvrages de MM. Abel de Pujol, Couder, Signol, LéonCogniet, Schnetz et Bouchot, contribuent à l’ornement intérieur de l’édifice. Lesdeux bénitiers, de M. Antonin Moine , sont d’une composition très-élégante. Dansla chapelle du mariage, à droite en entrant, on voit un groupe en marbre du
(1) L’édifice se développe du sud au nord sur une longueur de 79 mèlres 30 centimètres ; sa lar-geur est de 21 mètres 40 centimètres, et sa hauteur, mesurée sous les coupoles, est de 30 mètres30 centimètres. On compte huit colonnes sur chacune des faces antérieure et postérieure, et dix-uuit sur chacun des côtés; elles ont 19 mètres de haut.