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Tome vingt-neuvieme.
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64 De la paix

bout de six mois, après avoir promis de tout oublier,il invita Le peuple à de nouveaux jeux ; 8c dès quele cirque fut rempli, il le fit entourer de soldats,avec ordre de massacrer tous les spectateurs fanspardonner à un seul. On ne croit pas qu’il y aitjamais eu fur la terre une action si abominable. Cettehorreur de sang-froid, qui n’est que trop vraie, neparaît pas être dans la nature humaine : mais ce quiest plus contraire encore à la nature, c’cst que dessoldats aient obéi, 8c que pour une solde modique,ces monstres aient égorgé quinze mille personnesfans défense, vieillards, femmes 8c enfans.

Quelques auteurs, pour excuser Théodofe, disentqu’il n’y eut que sept mille hommes de massacrés ;mais il est aussi permis d’en compter vingt milleque de réduire le nombre à sept Certes il eût mieuxvalu que ces soldats eussent tuél’empereur Théodofe,comme ils en avaient tué tant d’autres , que d égorgerquinzemille de leurs compatriotes. Le peuple romainn’avait point élu cet espagnol pour qu’il le massacrâtà son plaisir. Tout l’empire sut indigné contre lui 8ccontre son ministre Riifin, principal instrument decette boucherie. II craignit que quelque nouveauconcurrent ne saisît cette occasion pour lui arracherl’empire ; il courut soudain en Italie, où l’horreur desou crime soulevait tous les esprits contre lui ; 8cpour les apaiser , il s’abstint pendant quelquetemps dentier dans f église de Milan. Ne voilà-t-ilpas une plaisante réparation ! expie-t-on le sang deses sujets en n’allant point à la messe? Toutes leshistoires ecclésiastiques, toutes les déclamationsfur l’autorité de l’Eglise célèbrent la pénitence de

Théodofe ;