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Tome vingt-neuvieme.
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POUR LE PRINCE ROYAL DE

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V I I.

Ne souffrez pas chez vous la mendicité. C’estune infamie qu’on n’a pu encore détruire en Angle-terre, en France 8c dans une partie de l’Allemagne.Je crois qu’il y a en Europe plus de quatre centsmille malheureux indignes du nom d’hommes, quifont un métier de f oisiveté 8c de la gueuserie. Quandune fois ils ont embrassé cet abominable genre devie, ils ne font plus bons à rien. Ils ne méritentpas même la terre où ils devraient être ensevelis. Jen’ai point vu cet opprobre de la nature humainetoléré en Hollande, en Suède, en Danemarck ; il nel éss pas même en Pologne. La Russie n’a point detroupes de gueux, établis fur les grands cheminspour rançonner les passans. II faut punir fans pitiéles mendians qui osent fe faire craindre, 8c secourirles pauvres avec la plus scrupuleuse attention. Leshôpitaux de Lyon 8c d’Amsterdam sont des modèles ;ceux de Paris font indignement administrés. Legouvernement municipal de chaque ville doit seulavoir le soin de ses pauvres 8c de ses malades. C’estainsi qu’on en use dans Lyon 8c dans Amsterdam.Tous ceux que la nature afflige y font secourus ;tous ceux à qui elle laisse la liberté des membres yfont forcés à un travail utile. II faut surtout com-mencer à Lyon par l’administration de l’hôpital pourarriver aux honneurs municipaux de Fhôtel-de-ville.C’est-là le grand secret. L’hôtel-de-ville de Paris n’apas des institutions si sages, il s’en faut beaucoup ;le corps-de-ville y est ruiné, il est fans pouvoir 8cfans crédit.