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Tome vingt-neuvieme.
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Le cri des nations, i 37

,, On ne doute pas Sc vous êtes persuadé que tout,, royaume chrétien est du patrimoine de S‘ Pierre,,, Sc que l’Irlande Sc toutes les îles qui ont reçu la,, foi, appartiennent à l’Eglise romaine. Nous appre-,, nons que vous voulez subjuguer cette île pour,, faire payer un denier à S‘ Pierre par chaque maison,,, ce que nous vous accordons avec plaisir, 8cc. 11II n’est presque point d’Etat tn Europe où desbulles à peu près semblables n’àient fait répandredes torrens de sang. Ne parlons ici que des papesqui osèrent excommunier les rois de France Robert,Philippe I, Philippe - Augujle , Louis VIII père deS‘ Louis , excommunié par un simple légat, acceptantpour pénitence de payer au pape le dixième de sonrevenu de deux années , Sc de se présenter nuspieds Sc en chemise à la porte de Notre-Dame deParis, avec une poignée de verges , pour être fouettépar les chanoines ; pénitence , dit-on , que ses domes-tiques accomplirent pour leur maître ; Philippe le bellivré au diable par Boniface VIII, son royaume eninterdit (b) 8c transféré à Albert d’Autriche. Enfin le

(b) Le commun des lecteurs ignore la manière dont on interdisaitun royaume. On croit que celui qui se disait le père commun deschrétiens se bornait à priver une nation de toutes les fonctions duchristianisme, asm qu’elle méritât sa grâce eu se révoltant contre lesouverain. Mais on observait dans cette sentence des cérémonies quidoivent passer à la postérité. D’abord on défendait à tout laïque d'en-tendre la messe 8c on n'en célébrait plus au maître-autel. On déclaraitl’air impur. On ôtait tous les corps saints de leurs châsses, 8c on lesétendait par terre dans régisse couverts d’un voile. On dépendait lescloches 8c on les enterrait dans des caveaux. Quiconque mourait dansle temps de Tinterdit était jeté à la voierie. II était défendu de mangerde la chair, de se raser , de se saluer. Enfin le royaume appartenait dedroit au premier occupant ; mais lc pape prenait toujours foin d’an-noncer ce droit par une bulle particulière dans laquelle il désignait leprince qu'il gratifiait de la couronne vacante.