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Tome vingt-neuvieme.
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16 8 Des embellisse mens

environ 330 millions d’aujourd’hui : or il s’en fautbeaucoup que le roi ait ce revenu. On dit toujoursle roi est riche, dans le même sens qu’on le diraitd’un seigneur ou d’un particulier. Mais en ce sens-làle roi n’est point riche du tout; il n’a presque pointde domaines ; 8c j’observerai, en passant , que lestemps les plus malheureux de la monarchie ontété ceux où les rois n’avaient que leurs domainespour résister à leurs ennemis 8c pour récompenserleurs sujets. Le roi est précisément 8c à la lettrel’économe de toute la nation ; la moitié de l’argentcirculant dans le royaume passe par ses trésorierscomme par un crible ; 8c tout homme qui demandeau roi une pension, une gratification, dit en effetau roi: Sire, donnez-moi une petite portion del’argent de mes concitoyens. Reste à savoir si cethomme a bien mérité de la patrie ; il est clair qu’alorsla patrie lui doit, 8c le roi le paye au nom de l’Etat :mais il est clair encore que le roi n’a pour lesdépenses arbitraires que ce qui reste après qu’il asatisfait aux dépenses nécessaires.

II est encore très-vrai qu’il s’en faut beaucoupqu’il se trouve au pair ; c’est-à-dire, que toutes lesdettes annuelles soient payées au bout de Tannée.Je crois qu’il n’y a que deux Etats en Europe, l’untrès-grand 8c T autre très-petit, où Ton ait établi cetteéconomie ; 8c nous sommes infiniment plus richesque ces deux Etats.

Enfin, que le roi doive beaucoup, ou peu, ou rien ,il est encore certain qu’il ne thésaurise pas : s’ilthésaurisait, il y perdrait, lui 8c l’Etat. Henri IV après