220 Commentaire sur le livre
Dieu à l’homme ; la loi civile est de vous à vospeuples.
Des profanations.
L 0 uis IX roi de France , placé par ses vertus aurang des saints, fit d’abord une loi contre les blas-phémateurs. Illes condamnait à un supplice nouveau;on leur perçait la langue avec un fer ardent. C’étaitune espèce de talion ; le membre qui avait péchéen souffrait la peine. Mais il était fort difficile dedécider ce qui est un blasphème. II échappe dansla colère ou dans la joie, ou dans la simple conver-sation , des expressions qui ne font, à proprementparler, que des explétives , comme le Sela 8c le Vakdes Hébreux; le Pot 8c YJEdepoldes Latins ; 8c commele per deos immortelles dont on se servait à toutpropos , fans faire réellement un serment par lesdieux immortels.
Ces mots qu’on appelle juremens, blasphèmes, fontcommunément des termes vagues qu’on interprètearbitrairement : la loi qui les punit semble prise decelle des Juifs , qui dit : Pu ne prendras point le nomde Dieu en vain. Les plus habiles interprètes croientque cette loi défend le parjure; 8c ils ont d’autantplus de raison qu.e le mot Jhavé, qu’on a traduit paren vain, signifie proprement le parjure. Or quelrapport le parjure peut-il avoir avec ces mots qu’onadoucit par cadedis ,fangbleu, ventrebleu, corbleu.
Les Juifs juraient par la vie de Dieu : vivit Dominus.C’était une formule ordinaire. II n’était donc défenduque de mentir au nom du Dieu qu’on attestait.
Philippe-Augujle , en 1 1 8 1 , avait condamné les