SUR LE S PRIT DES LOIS. 4-2 Z
Parlerai-je des fureurs des Bourguignons & desArmagnacs exercées dans Paris & dans tout leroyaume, de cette guerre civile continuelle 8 c géné-rale , de ce jour affreux où la populace parisiennede la faction bourguignone massacra le connétabled 'Armagnac , le chancelier de Marie , l'archevêquede Rheims , l’archevêque de Tours , cinq autresévêques, une foule de magistrats , de gentilshommes,de prêtres, qu’on jetait dans les rues du haut de leursmaisons , 8 c qu’on recevait fur des piques ?
Pour mettre le comble à ces horreurs les Anglaissaccageaient le reste du royaume après leur victoired’Azincourt. Le roi de France ayant perdu 1 usage deraison était abandonné de ses domestiques, déshonorépubliquement par fa femme, livré à tout ce quel’oubli de foi-même , les ulcères , la vermine ont deplus affreux 8 c de plus révoltant. II avait vu Ion frèrele duc & Orléans assassiné par son cousin le duc deBourgogne; son fils, depuis le roi Charles Vil, vengerle duc d 'Orléans en assassinant fou coupable cousin ;ce fils déshérité , dépouillé , banni par fa mère. Lesang coula d’un bout de la France à l’autre tous lesjours de la misérable vie de ce roi , laquelle ne futqu'un long supplice.
Les règnes suivans éprouvèrent d’auffi grandsmalheurs. Ouatre gentilshommes périrent tour-à-tour dans des supplices recherchés par les vengeancesde ce Louis XI, fi dissimulé 8 c si violent, si barbare8 c si timidement superstitieux , si étourdi 8 c si profon-dément méchant.
On croit être au temps des Phalaris. Les peuplesne valaient pas mieux que les rois. Retracerai-je le
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