DU PAYS DE GEX AU ROI. Z >5
entremêlées de quelques jours de frivolités dont onrougit. Louis XIV vint, 8c pendant cinquante ans deprospérités Sc de magnificence il fit tout pour lagloire ; c'est aujourd’hui le temps de faire tout pourla justice.
Nous ressentons, Sire, les effets de cette justice& de cette bonté dans un coin de terre aussi ignoréque misérable, sur la frontière de votre royaume ,auquel nous ne tenons que par l’étroit passage d’unemontagne escarpée. Nous devînmes les sujets de votreancêtre Henri IV , 8c nous fûmes heureux jusqu aujour où l’abominable fanatisme , qui persécuta silong-temps ce grand-homme, lui-arracha enfin lavie. La nôtre fut désastreuse depuis ce moment.Vous daignez nous secourir ; vous nous délivrez d’unefoule de commis armés qui nous réduisaient à lamendicité, 8c qui dépouillaient encore cette mendicitémême.
Nos pauvres 8c honnêtes cultivateurs, grâces àvotre équité, ne font plus soumis à la tyrannievandale des corvées. On les traînait loin de leurschaumières eux 8c leurs femmes ; on les forçait àtravailler fans salaire, eux qui ne vivent que de leurssalaires, comme l’a si bien dit un des plus vertueux8c des plus savans gentilshommes de votre royaume ;on les traitait enfin bien plus cruellement que lesbêtes de somme, à qui l’on donne du moins la pâturequand on les fait travailler; ils ne paraissaient qu’enpleurs devant les Suisses leurs voisins dont ils enviaientle fort : aujourd’hui l’on envie le fort de notreprovince.
Ceux qui parmi nous ont quelque industrie, ne
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