Age. 10 g
deux ou trois fonctions dégoûtantes, à ne distinguer niles sons ni les couleurs , à ne connaître ni jouissanceni espérance, 8c dont toute la félicité est de savoir con-fusément qu’ils font un fardeau de la terre, baptisés oucirconcis depuis cent années.
II y en a un fur cent mille tout au plus dans nosclimats.
Voyez les listes des morts de chaque année à Paris8c à Londres; ces villes, à ce qu’ondit, ont environsept cents mille habitans. 11 est très-rare d’y trouver àla fois sept centenaires , 8c souvent il n’y en a pas unseul.
En général, l’àge commun auquel l’espèce humaineest rendue à la terre dont elle sort, est de vingt-deuxà vingt - trois ans tout au plus , selon les meilleursobservateurs.
De mille enfans nés dans une même année , les unsmeurent à six mois, les autres à quinze; celui-ci àdix-huit ans., cet autre à trente-six, quelques-uns àsoixante, trois ou quatre octogénaires, fans dents 8c fansyeux, meurent après avoir souffert quatre-vingts ans.Prenez un nombre moyen, chacun a porté son fardeauvingt-deux ou vingt-trois années.
Sur ce principe qui n’est que trop vrai, il est avan-tageux à un Etat bien administré, 8c qui a des fondsen réserve , de constituer beaucoup de rentes viagères.Des princes économes qui veulent enrichir leur familley gagnent considérablement ; chaque année la sommequ’ils ont à payer diminue.
Iln’en est pas de même dans un Etat obéré. Commeil paye un intérêt plus fort que i’intérêt ordinaire , ilse trouve bientôt court ; ii est obligé de faire de