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Tome trente-septieme.
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A M E.

qui accouchait .tous les huit jours d’un lapereau. On nefêlait nulle difficulté de refuser le baptême à cetenfant, malgré la folie épidémique qu’on eut pendanttrois semaines à Londres de croire qu’en effet cettepauvre friponne lésait des lapins de garenne. Lechirurgien qui l’accouchait , nommé S 1 André , juraitque rien n’était plus vrai, 8c on le croyait. Mais quelleraison avaient les crédules pour refuser une ame auxenfans de cette femme? elle avait une ame, fesenfansdevaient en être pourvus auffi ; soit qu’ils eussent desmains, soit qu’ils eussent des pattes, soit qu’ils fussentnés avec un petit museau ou avec un visage : l’êtresuprême ne peut-il pas accorder le don de la pensée8c de la sensation à un petit je ne sais quoi, né d’uncfemme , figuré en lapin , aussi-bien qu’à un petit jene fais quoi figuré en homme ? L’ame qui était prêteà se loger dans le fœtus de cette femme, s’en retournera-t-elle à vide?

Locke observe très-bien, à l’égard des monstres ,qu’il ne faut pas attribuer l’immortalité à l’extérieurd’un corps ; que la figure n’y fait rien. Cette immor-talité, dit-il, n’est pas plus attachée à la forme de sonvisage ou de sa poitrine qu’à la manière dont sa barbeest faite, ou dont son habit est taillé.

II demande quelle est la juste mesure de difformitéà laquelle vous pouvez reconnaître qu’un enfant a uneame ou n’en a point ? quel est le degré précis auquelil doit être déclaré monstre 8c privé d’ame.

On demande encore ce que serait une ame quin’aurait jamais que des idées chimériques ? il y en aquelques-unes qui ne s’en éloignent pas. Méritent-elles ? déméritent-elles ? que faire de leur esprit pur ?