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A M E.
nous appelons aussi ame , faute de mieux ; quelquechose qui éprouve des sensations, 8c qui a une certainemesure d’idées. Mais ce principe , quel est-il ? est-cequelque chose d’absolument différent de la matière ?est-ce un esprit pur ? est-ce un être mitoyen entre lamatière que nous ne connaissons guère, 8c l’espritpurque nous ne connaissons pas ? est-ce une propriétédonnée de Dieu à la matière organisée ?
Us font alors des expériences fur des insectes , furdes vers de terre ; ils les coupent en plusieurs parties ,8c ils font étonnés de voir qu’au bout de quelquetemps il vient des têtes à toutes ces parties coupées ;le même animal se reproduit, 8c tire de sa destructionmême de quoi se multiplier. A-1-il plusieurs âmes ,qui attendent , pour animer ces parties reproduites ,qu on ait coupé la tête au premier tronc? Us ressemblentaux arbres , qui repoussent des branches 8c qui sereproduisent de bouture ; ces arbres ont-ils plusieursâmes ? U n’y a pas d'apparence ; donc il est très-probable que l’ame de ces bêtes est d une autre espèceque ce que nous appelions ame végétative dans lesplantes ; que c est une faculté d’un ordre supérieur ,que D i e u a daigné donner à certaines portions dematière ; c’est une nouvelle preuve de fa puissance ;c'est un nouveau sujet de Fadorer.
Un homme violent, 8c mauvais raisonneur , entendce discours, 8c leur dit : Vous êtes des scélérats , dontil faudrait brûler les corps pour le bien de vos âmes ;car vous niez l’immortalité de l’ame de l’homme. Nosphilosophes se regardent tout étonnés ; l’un d’eux luirépond avec douceur : Pourquoi nous brûler si vite ?Sur quoi avez-vous pu penser que nous ayons l’idée